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La production d'énergie nucléaire a reculé en 2012

L'EPR de Flamanville est en cours de construction. Il est décrié par les associations écologiques qui militent pour la transition énergétique.

L'EPR de Flamanville est en cours de construction. Il est décrié par les associations écologiques qui militent pour la transition énergétique. - -

Le World Nuclear Report, publié lundi 15 juillet, confirme la baisse de 7% de la production d'énergie nucléaire dans le monde en 2012. La catastrophe de Fukushima a évidemment influé sur le recul constaté ces deux dernières années.

Le monde est-il vraiment en train de tendre vers la transition énergétique chère aux militants de Greenpeace? La question mérite d'être posée après la publication lundi 15 juillet, du World Nuclear Report par les consultants Mycle Schneider et Antony Frogatt. Ils constatent une baisse record de la production d'énergie nucléaire en 2012 de 7%, faisant suite à celle de 2011, qui était déjà un record avec -4%.

La catastrophe de Fukushima, en 2011, explique les trois quarts du recul enregistré, provoquant la situation particulière du Japon où seuls 2 réacteurs sur 50 tournent dans l'archipel.

Cependant, 16 autres pays ont produit moins d'électricité nucléaire, notamment la France où les 58 réacteurs enregistrent une baisse de 3%, liée aux arrêts de maintenance estivaux selon le Réseau de transport d'électricité (RTE).

A l'échelle mondiale, la part du nucléaire dans la production électrique était de 17% en 1993 à son apogée. Elle est aujourd'hui de 10%, dont les trois quarts proviennent de la France.

Développement des alternatives au nucléaire

Actuellement, 427 centrales nucléaires sont en fonction dont seulement 34 ont été mises en service dans les dix dernières années, tandis que 53 ont été mises à l'arrêt. Aujourd'hui, 66 réacteurs sont en construction, soit sept de plus que l'an dernier à la même époque.

Cependant, 23 enregistrent des retards de construction: en moyenne, il faut 9,4 années pour la mise en service d'un nouveau réacteur, selon le rapport.

Ces retards sont dus à des questions de financement liés à l'évolution des mesures de sécurité. Il y a dix ans, on estimait qu'il fallait investir 1.000 dollars pour un kilowatt-heure de courant issu de la filière nucléaire. Aujourd'hui, ce chiffre a grimpé à 7.000 dollars pour une centrale de troisième génération de type EPR.

L'essor des énergies renouvelables, associées à la poursuite du développement des centrales à gaz et au charbon, notamment en Chine, sont d'autres raisons avancées pour expliquer le recul du nucléaire.

Enfin, 44 centrales nucléaires dans le monde ont plus de quarante ans d'âge, et sont régulièrement la cible des mouvements écologiques à cause des risques qu'elles induisent pour les populations environnantes, à l'instar de la tragique catastrophe de Fukushima.

Vincent Flaviano