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La pollution lumineuse à un niveau jamais atteint

Seules quelques zones en France, principalement au coeur des chaines de montagne, restent préservées de la pollution lumineuse la nuit.

Seules quelques zones en France, principalement au coeur des chaines de montagne, restent préservées de la pollution lumineuse la nuit. - Remy Gabalda - AFP

A quelques heures de la nuit des étoiles, une étude montre que l'éclairage des villes la nuit a continué de progresser, quand bien même un décret restreint l'allumage des lampadaires et autres enseignes lumineuses.

Il y a trop de pollution lumineuse dans nos villes ! C'est ce que dénonce une organisation non gouvernementale à l'occasion des Nuits des étoiles, du 7 au 9 août. L'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturne (ANPCEN) a publié le 3 août dernier une étude selon laquelle il y a trop de vitrines éclairées la nuit, trop de lampadaires. Un gaspillage d'énergie inutile, et surtout des comportements illégaux. Il existe en effet des règles qui encadrent l'éclairage la nuit.

Vous ne le savez peut-être pas, mais il est interdit de laisser éclairé son bureau, son commerce ou sa vitrine après 1 heure du matin. Un décret paru en 2013 a mis en place des restrictions en termes d'éclairage. Mais il est bien mal respecté, regrette l'ANPCEN. Chaque nuit, 11 millions de points lumineux - lampes et lampadaires - et 3,5 millions d'enseignes lumineuses éclairent l'Hexagone.

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- © ANPCEN

Ces chiffres ne font qu'augmenter. Rien que l'an dernier, on a compté 2 millions d'éclairages en plus! En 20 ans, près de 90% de lumières supplémentaires se sont ajoutées aux sources lumineuses existantes. Aujourd'hui, comme le montre la carte de pollution lumineuse ci-dessus, seules quelques zones se trouvent réellement dans le noir complet la nuit, principalement au cœur des chaînes de montagnes des Alpes, des Pyrénées et du Massif central.

Les élus locaux participent grandement à cette explosion de lumières, souvent perçues comme un service rendu à leurs concitoyens. Les communes pourraient pourtant nettement réduire leur facture d'énergie en respectant les règles, sachant que l'éclairage public représente près de 40% de leur facture d'électricité. Il en va de même pour les entreprises.

Avec ces restrictions, le gouvernement espérait à l'époque économiser l'équivalent de la consommation annuelle d'électricité de 750.000 foyers. Mais l'Etat ne baisse pas les bras. Sous la pression de l'ANPCEN, il a ajouté au projet de loi sur la transition énergétique trois articles concernant la pollution lumineuse. Ils imposent notamment l'exemplarité énergétique et environnementale pour toute nouvelle installation d'éclairage public, et préconisent des actions pour améliorer les installations existantes.

Isabelle Gollentz, édité par N.G.