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La Chine veut des mini-centrales nucléaires flottantes

Ayant besoin de toujours plus d'énergie, les autorités chinoises ont commandé des centrales nucléaires embarquées sur des navires. (image d'illustration)

Ayant besoin de toujours plus d'énergie, les autorités chinoises ont commandé des centrales nucléaires embarquées sur des navires. (image d'illustration) - Montage BFM Business

Afin de doubler d'ici à 2020 la capacité de son parc nucléaire, le gouvernement chinois souhaite mettre en service des "centrales flottantes". Deux projets concurrents sont à l'étude.

La Chine veut être capable de produire de l'énergie partout, et ce, quelle que soit la source utilisée. De plus en plus porté sur les énergies renouvelables -au détriment du charbon- Pékin ne délaisse pas pour autant ses capacités nucléaires. Le gouvernement entend même continuer à les développer jusqu'à atteindre une capacité totale de 58 gigawatts d'ici à 2020.

Président de l'autorité chinoise supervisant l'énergie nucléaire, Xu Dazhe vient d'ailleurs d'annoncer que les deux géants nationaux de l'atome, les sociétés CGN (China General Nuclear) et CNNC (China National Nuclear Corporation), travaillaient des projets de mini-centrales nucléaires flottantes. Des projets à un stade particulièrement avancé qui vont prochainement faire "l'objet d'évaluations rigoureuses et scientifiques". 

Des "bateaux-centrales"

En pratique, il ne s'agit bien sûr pas d'aller construire d'immenses réacteurs en mer sur des îles artificielles, mais de donner naissance à des navires équipés de petits réacteurs nucléaires. Des bateaux conçus pour permettre par exemple d'alimenter en électricité les plateformes gazières ou pétrolières offshore chinoises mais aussi des îles et certaines zones côtières. 

Illustration du projet de "centrale nucléaire flottante" imaginé par la compagnie CNNC.
Illustration du projet de "centrale nucléaire flottante" imaginé par la compagnie CNNC. © CNNC

De son côté, China National Nuclear Corporation annonce d'ores et déjà que son bateau-centrale sera prêt à l'horizon 2019. La société précise qu'il sera équipé d'un réacteur de conception maison, gage selon elle de plus de fiabilité.

En face, le projet développé par CGN (en réalité toute une flotte, dont le nombre d'unités n'a pas été précisé) ne sera prêt qu'un an plus tard, en 2020. Là aussi, l'énergéticien a fait le choix de rester maître des technologies embarquées. C'est donc son dernier modèle de réacteur qui prendra place sur ses bateaux. 

Projet de navire développé par China General Nuclear
Projet de navire développé par China General Nuclear © CGN

Assurer une continuité énergétique

Si ces délais de conception et de livraison annoncés sont si courts, c'est la conséquence de l'empressement des autorités chinoises à disposer de ces nouveaux équipements. Xu Dazhe justifie cet empressement par le fait que "la Chine s'efforce de bâtir une puissance maritime et d'exploiter complètement les ressources disponibles en mer". Des activités qui nécessitent un apport conséquent en énergie.

Pékin revendique notamment des droits sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale. Un territoire maritime particulièrement riche en ressources naturelles, et dont la conquête alimente de fortes tensions avec les pays voisins.

Antonin Moriscot