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La Basse-Normandie se mobilise pour les énergies marines renouvelables

En matière d'hydrolien, le potentiel est équivalent à 2-3 réacteurs nucléaires (hydrolienne développée par Savella dans le cadre d'un projet Ademe)

En matière d'hydrolien, le potentiel est équivalent à 2-3 réacteurs nucléaires (hydrolienne développée par Savella dans le cadre d'un projet Ademe) - -

Le 30 septembre dernier, à Cherbourg, François Hollande a donné le coup d’envoi d’une filière de l’énergie hydrolienne tricolore. La France a un vrai potentiel dans ce secteur, qu'elle compte développer en partenariat avec l'Ecosse.

Fin septembre, François Hollande avait annoncé le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour quatre fermes hydroliennes pilotes. Il s'agirait d'installer de 4 à 10 hydroliennes sur deux zones à fort potentiel, le raz Blanchard (Basse-Normandie) et au Fromveur (Bretagne).

Les élus régionaux se mobilisent depuis car la Basse-Normandie a toutes les raisons de s'engager avec ses 470 km de littoral, et les courants puissants du raz de Barfleur et surtout du raz Blanchard. C'est le premier potentiel hydrolien national, et la région compte deux grands ports (Cherbourg et Caen-Ouistreham) avec 100 hectares dédiés aux énergies marines renouvelables.

L'impact en terme de créations d'emplois sera conséquent: "plusieurs milliers d'emplois directs" selon François Piquet, sans compter la maintenance qui sera nécessaire. Au-delà de la formation et de la recherche et développement, un accord de partenariat avec l'Ecosse sera conclu sur la sous-traitance: un véritable éco-système européen s'organise.

Un potentiel de 2 à 3 réacteurs nucléaires

Pour en apprendre plus sur cette technologie, les élus de Basse-Normandie sont en effet allés voir du côté de l’Écosse. Ils se sont rendus il y a quelques semaines à l’EMEC, European Marine Energy Center, l'unique centre mondial de test et d’expérimentation des énergies renouvelables en milieu maritime.

Cette visite officielle a marqué l'aboutissement d'un projet de coopération internationale. En France et au Royaume-Uni, l'objectif est le même: développer une filière industrielle autour des énergies marines et en particulier de l'hydrolien qui reste une niche.

"Nous avons un potentiel équivalent à 2 ou 3 réacteurs nucléaires. Les Écossais sont dans le même cas", a expliqué François Piquet, directeur général de Ouest Normandie Énergies Marines.

Anne MacColl, directrice générale de Scottish Development International, estime que "cet accord officialise le partenariat entre deux territoires, qui détiennent 80% du potentiel hydrolien mondial, et qui entendent assumer leur rôle de leader dans les futurs développements de la filière industrielle".

Des installations performantes

Laurent Beauvais, président PS de la région Basse-Normandie, estime qu'"aujourd’hui plus que jamais, la démarche en faveur des énergies renouvelables doit être envisagée à une échelle internationale, afin de capitaliser sur les expériences de chacun pour accélérer le développement de la filière et ses retombées économiques pour nos territoires".

Les installations testées sur le site de l'EMEC sont désormais performantes, a ajouté François Piquet, avec 1 à 2 mégawatts de capacité. "Nous en étions loin il y a à peine 2 ans", poursuit-il.

Le marché sera très concurrentiel, et les acteurs du secteur doivent donc se positionner. Les industriels sont très engagés, que ce soit DCNS , Alstom, Siemens ou encore Kawasaki qui testent leurs machines en Écosse.

4% de la production électrique européenne

De son côté, la Basse-Normandie n'a pas que du potentiel en matière d'hydroliens. Le projet du parc éolien de Courseulles-sur-Mer fait partie de ceux retenus par l'Etat afin de développer l'éolien en mer sur cinq zones au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique.

Il doit entrer en service progressivement entre 2018 et 2020, pour un investissement de près de 2 milliards d'euros. Alstom va construire 2 usines à Cherbourg, avec à la clé 1.000 emplois directs.

Les perspectives sont encourageantes, même si ces formes d'énergie restent encore une part infime du mix énergétique envisagée dans la future transition. En 2020, 4 % de la production électrique européenne devraient être fournis par les énergies marines renouvelables.

Nathalie Croisé de BFM Business