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L'hydrolienne D10 va bientôt livrer ses premiers kilowatts au large d'Ouessant

L'hydrolienne Sabella D10 sur le port de Brest, en avril 2015.

L'hydrolienne Sabella D10 sur le port de Brest, en avril 2015. - Sabella

Embarquée en mer dimanche depuis le port de Brest, l’hydrolienne 100% "made in France" conçue par la PME bretonne Sabella s’apprête à délivrer ses premiers kilowatts. Son immersion dans l'Atlantique est prévue jeudi 25 juin.

La nouvelle vedette de l’île d’Ouessant (Finistère), c’est elle. Impressionnante par ses dimensions, une hélice de 10 mètres de diamètre érigée sur un socle de 7 mètres de haut, l’hydrolienne Sabella D10 a quitté Brest en fin de semaine dernière pour rejoindre son site de production.

Une fois immergée par 55 mètres de fond dans les forts courants du Fromveur, elle sera en capacité immédiate de produire de l’électricité, à hauteur d'1 MW (mégawatt). Une énergie qui, dans un premier temps, ne profitera pas directement aux insulaires, mais sera brûlée via des résistances , le raccordement au réseau EDF ayant été repoussé à fin juillet. A terme, cette première hydrolienne française a être raccordée, couvrira 15% des besoins de l’île et de ses 800 habitants.

Outre sa mission principale de fourniture d’énergie, la turbine collectera diverses données sur son impact sur la faune marine. Des éléments qui seront analysés par l’Ifremer, le centre marin Océanopolis ou le Parc naturel marin d’Iroise.

Un projet de 13 millions d'euros 

Cette installation, financée en partie par la région Bretagne et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) avoisine les 13 millions d’euros. Jean-François Daviau, patron de la PME Sabella, qui porte le projet depuis le début des années 2000, estime que ce coût "est à peu près 10 fois moins élevé" que celui de ses concurrents.

Celui qui ne cache pas, avec ses équipes, sa "satisfaction d’avoir concrétisé cette première mondiale" espère bien transformer l’essai. Sabella prévoit à l’horizon 2019 l’immersion de deux ou trois autres machines plus puissantes et de dimensions plus grandes. La création de cette ferme pilote permettrait de couvrir 50 à 70% des besoins énergétiques de l’île.

A.M. avec AFP