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L'Ethiopie se met aux énergies vertes

Le parc éolien d'Ashegoda en Ethiopie a été inauguré ce week-end.

Le parc éolien d'Ashegoda en Ethiopie a été inauguré ce week-end. - -

Eoliennes, barrages, et centrales géothermiques: l'Ethiopie se lance dans les énergies renouvelables. Le pays souhaite profiter de son climat pour devenir un acteur majeur de l'énergie.

Le Loiret s’exporte en Ethiopie! Vergnet, une PME implantée au nord d’Orléans, a inauguré le week-end du 26 et 27 octobre l’un des plus grands parcs éoliens d’Afrique, dans le nord de l’Ethiopie. Et ces 86 éoliennes ne sont que le dernier exemple en date des investissements du pays dans les énergies renouvelables.

L’Ethiopie, longtemps parent pauvre de l’Afrique, a décidé de devancer ses voisins dans le domaine,en misant sur l’éolien et l’hydroélectrique. Au final, si la production éthiopienne est suffisante, le pays espère pouvoir revendre de l’énergie à ses voisins africains.

Un parc éolien sur les hauts plateaux

Pour le parc éolien d’Ashegoda, au nord du pays, la compagnie orléanaise a remporté un appel d’offres international, lancé par EEPCO, la compagnie électrique nationale éthiopienne. La ferme peut produire 120 mégawatt et s’étend sur 100 km².

Les éoliennes, adaptées aux contraintes de transports, d’infrastructures et de maintenance propres à l’Ethiopie, représentent un investissement de 210 millions d’euros, financés en partie par l’Agence Française de Développement (AFD).

Mais tout n’a pas été simple pour Vergnet, spécialiste de l’énergie en zone rurale: leur mise en service a un an de retard. Une forte saison des pluies et une révision du couloir aérien de l’aéroport de Mekele, tout proche, a forcé la société à revoir le plan de départ. Ainsi, 30 éoliennes ont été montées par Vergnet et 56 par Alstom, à qui Vergnet a dû sous-traiter en urgence, explique RFI.

Le parc éolien est installé à 2.200 mètres, sur des hauts plateaux où le vent souffle toute l’année. En 2011, l’Ethiopie avait déjà inauguré la ferme éolienne d’Adama, financée par des investisseurs chinois, avec une puissance de 51 mégawatts.

Un barrage géant sur le Nil bleu

Outre l’éolien, l’Ethiopie mise aussi sur la géothermie et l’hydraulique. La semaine dernière, le pays a annoncé la construction d’une centrale géothermique de 1 gigawatt. Ce contrat a été remporté par la société islandaise Reykjavik Geothermal, et devrait mobiliser 4 milliards de dollars d’investissements (2,9 milliards d’euros).

Côté hydraulique, l’Ethiopie construit depuis mai dernier le barrage de la Renaissance. Projet pharaonique, ce barrage sur le Nil Bleu devrait produire 6 gigawatts d’électricité lors de sa mise en service, prévue en 2018. Il s’agirait alors de la deuxième plus grande centrale hydroélectrique au monde.

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Mais le projet créée des tensions régionales, car l’Egypte ne voit pas d’un bon œil un barrage sur cet affluent. Le débit du Nil bleu alimente, en effet, pour plus de 60% le Nil égyptien. Et Le Caire craint des sécherresses en cas de barrage.

Audrey Dufour