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Jeudi décisif pour le projet Hinkley Point d’EDF

Le conseil d'administration de l'électricien doit décider si le projet de construction de deux EPR en Angleterre est définitivement enteriné.

C'est une décision cruciale pour l'avenir d'EDF: le conseil d'administration de l'électricien se réunit ce jeudi depuis 14h30 pour donner ou non son feu vert au projet Hinkley Point. Il prévoit la construction de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne, à 1h30 de route de Bristol. Un projet qui cristallise les inquiétudes depuis plusieurs mois.

Deux démissions fracassantes

Et pour cause, il devrait coûter 18 milliards de livres, dont 12 à la charge d'EDF, alors même que la situation financière du groupe est tendue –il a accumulé 37 milliards d’euros de dettes-, et que la technologie EPR n'a toujours pas fait ses preuves. Le projet d'Hinkley Point représente un budget d'environ 21,5 milliards d'euros.

"J’ai démissionné par désespoir", déclarait d’ailleurs il y a quelques semaines Thomas Piquemal, le directeur financier d’EDF. Ce jeudi, un administrateur d'EDF en désaccord avec le projet a lui aussi démissionné. "Étant administrateur proposé par l'État actionnaire, je ne souhaite pas cautionner plus longtemps une stratégie que je ne partage pas", explique l'administrateur Gérard Magnin dans une lettre de démission dont l'AFP a obtenu copie. Il déplore également la stratégie résolument pro-atome de l'électricien au détriment de la transition énergétique.

Les syndicats dénoncent un projet qui risque de plomber financièrement une filière déjà fragilisée. Le vote du Brexit est venu jeter un peu plus le trouble.

Une "cathédrale technologique" fort coûteuse

Par ailleurs, un réacteur EPR est toujours en construction en Finlande, un autre à Flamanville Tous deux accusent des années de retard. Quant aux budgets de construction, ils ont explosé. La technologie EPR est particulièrement complexe. Les experts la qualifient de "cathédrale technologique". Ils nécessitent la construction de parois de 2m60 de béton, une enceinte renforcée et des mécanismes de sécurité dernier cri.

Autre ombre au tableau: l’AMF a aussi ouvert récemment une enquête pour savoir si EDF avait bien communiqué toutes les informations financières au marché sur ces dossiers.

La technologie de réacteur EPR a été mis au point dans les années 1990 et aucun n'est encore en service dans le monde. Mais pour EDF et pour le gouvernement, la construction de ces réacteurs est vitale: il s’agit de montrer que la France ne perd pas son expertise dans le domaine nucléaire.

Fabien Chamblanc, édité par A.R.