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Investir dans les énergies vertes pourrait limiter le nombre de décès 

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- - Señor Codo - Flickr - CC

Dans son dernier rapport, l'Agence internationale de l'énergie estime qu'augmenter progressivement, jusqu'en 2040, les crédits alloués aux technologies vertes permettrait de réduire fortement le nombre de décès liés à la pollution de l'air.

Réduire la mortalité en investissant davantage. Telle est l’équation mise en avant par les scientifiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans leur dernier rapport. Selon l’organisation basée à Paris, une "augmentation de seulement 7% des investissements énergétiques sur la période allant jusqu’à 2040 […] permettrait de réduire de 1,7 million le nombre de décès prématurés liés à la pollution de l’air extérieur en 2040 et de 1,6 million le nombre de décès imputables à la pollution domestique."

Dans son document, publié lundi 27 juin, l’Agence rappelle que chaque année, 6,5 millions de personnes meurent dans le monde (soit 18.000 décès par jour) en raison de la pollution de l’air liée aux activités humaines. Ce qui représente, d'après ses responsables, davantage de décès que ceux causés par le Sida, la tuberculose et les accidents de la route cumulés. 

L'usage du charbon et du pétrole pointé du doigt

Selon l'AIE, les principaux responsables de cette "hécatombe" sont la production et la consommation d'énergie. Deux activités à l'origine de 85% des émissions de particules fines et de la quasi-totalité de celles d'oxyde de soufre et d'azote présentes dans l'atmosphère.

Particulièrement élevés, ces taux s'expliquent par un usage encore trop répandu du charbon et du pétrole dans la production d'électricité, l'industrie et le secteur des transports. L'Agence souligne également que ces deux combustibles sont encore trop fréquemment employés pour les besoins de cuisson dans les pays les plus pauvres d'Afrique et d'Asie. 

Lutter contre la précarité énergétique 

Alors que les émissions polluantes devraient décliner dans les pays développés d'ici à 2040, à la faveur d'une demande énergétique en baisse, de la croissance des solutions peu carbonées et d'une réglementation renforcée, le rapport souligne qu'elles devraient en revanche augmenter en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Inde. En raison de la pression démographique, d'une consommation énergétique accrue et d'une augmentation de l'urbanisation. 

Face à cette situation, l'Agence internationale de l'énergie préconise des "efforts concertés" pour réduire la pollution de l'air. Elle suggère de recourir davantage à "des mesures et technologies éprouvées", de fixer "un objectif à long terme ambitieux" en matière de qualité de l'air, traduit par le déploiement "de nouvelles politiques énergétiques" comme le contrôle des émissions directes, la régulation de ces émission ou encore l'amélioration des transports en commun. Enfin l'Agence insiste sur la nécessité de lutter contre la précarité énergétique

A.M. avec AFP