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Gaz de schiste: Montebourg veut une compagnie publique en cas d'exploitation

Arnaud Montebourg se dit favorable à une exploitation du gaz de schiste, si il n'y a pas de fracturation hydraulique

Arnaud Montebourg se dit favorable à une exploitation du gaz de schiste, si il n'y a pas de fracturation hydraulique - -

Le ministre du Redressement productif a écarté l'idée que, si l’exploitation du gaz de schiste était autorisée, elle soit confiée à une entreprise privée.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg veut que l'exploitation du gaz de schiste soit confiée à une compagnie publique si une technique non polluante est mise au point, a indiqué son équipe mercredi 10 juillet.

La "rente" captée par cette compagnie servirait à financer "la mutation écologique" et à améliorer la compétitivité de l'industrie française, avait défendu le ministre, à titre personnel, lors d'une audition à l'Assemblée nationale, mardi 9 juillet.

L'equipe d'Arnaud Montebourg a precisé que cette hypothèse se faisait bien dans "le cadre fixé par le président de la République qui est de dire qu'il n'y aura pas de fracturation hydraulique", une technique contreversée de fissuration des sous-sols, en vigueur aux Etats-Unis.

Une rente pour le financement des énergies renouvelables

A l'Assemblée nationale, Arnaud Montebourg a souligné que pour exploiter les gaz de schiste dont le sous-sol français serait potentiellement riche, il faut d'abord "régler le problème de la pollution des sous-sols, qui est un pur scandale aux Etats-Unis".

Il s'agit également de "capter la rente" que représenterait l'exploitation des gaz de schiste, en l'affectant "pour la main droite" à la compétitivité de l'industrie française, "pour la main gauche" au financement des énergies renouvelables.

"Pour capter la rente, et là c'est une position tout à fait personnelle qui n'engage pas le gouvernement, c'est une idée, c'est que nous puissions avoir une compagnie publique et nationale exploitant les gaz de schiste, et captant la rente, la partageant avec les territoires, permettant d'affecter les industries au plus près, leur diminuant le prix de l'énergie et assurant le financement de la mutation énergétique du reste du pays, et notamment nous libérant des hydrocarbures", a fait valoir M. Montebourg.

"Je pense que nous aurons une meilleure chance que si nous confions ça à l'industrie pétrolière comme aux Etats-Unis", a-t-il plaidé.

Une technologie d'extraction écologique pour bientôt?

Quant à l'hypothèse de trouver une technique d'exploitation des gaz de schiste respectueuse de l'environnement, "je pense qu'on arrivera avec la technologie dans très peu de temps au gaz de schiste écologique. Où il n'y a pas de pollution", a-t-il dit.

"J'ai noté que dans tous les scénarios d'alternative au nucléaire, on préconisait l'augmentation de l'usage du gaz. Nous avons là peut-être la possibilité de nous sortir de l'impasse dans laquelle se trouve aujourd'hui notre équation énergétique", selon lui.

L'exploitation du gaz de schiste est devenue avec le nucléaire le nouveau cheval de bataille énergétique en France, avec d'un côté des partisans généralement proches des milieux économiques et de l'autre des opposants inquiets des dégâts environnementaux.

La bataille ne fait que commencer entre partisans et opposants à l'exploitation des gaz de schiste.

V.F avec AFP