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Gaz de schiste: Margerie invite "la France à regarder à nouveau les choses"

Christophe de Margerie veut convaincre la France de reviser sa position sur le gaz de schiste.

Christophe de Margerie veut convaincre la France de reviser sa position sur le gaz de schiste. - -

Le PDG de Total a, en marge du Forum économique mondial de Davos ce vendredi 24 janvier, demandé que la France revoit sa position sur le gaz de schiste. En parallèle, la polémique est relancée entre Arnaud Montebourg et Philippe Martin, le ministre de l'écologie, sur le sujet.

Christophe de Margerie mise sur les futures expérimentations britanniques de Total pour convaincre Paris de réviser sa position sur le gaz de schiste. En marge du Forum économique mondial de Davos, le PDG du groupe pétrolier a ainsi déclaré qu'il pense "qu'en France, on devrait regarder les choses à nouveau". "Rien n'empêche de changer (les décisions, ndlr)", a-t-il ajouté.

"Peut-être que l'exemple de la Grande-Bretagne, si on arrive à démontrer que l'on peut faire les choses proprement, permettra à la France de prendre une autre décision", a-t-il poursuivi.

"On va être surveillé et c'est normal"

Christophe de Margerie estime qu'il est aujourd'hui possible d'exploiter le gaz de schiste par fracturation hydraulique "de manière responsable et acceptable".

"A nous de démontrer que les risques ne sont pas aussi graves qu'on le dit" pour convaincre la France, qui interdit l'exploitation par cette méthode. "On va être surveillé et c'est normal, on va chercher à s'améliorer", a-t-il reconnu.

Total est la première grande compagnie pétrolière à rechercher du gaz de schiste en Grande-Bretagne. Elle a acquis le 13 janvier dernier, via sa filiale britannique Total E&P UK, une part de 40% dans deux permis d'exploration et de production de gaz de schiste dans le bassin du Gainsborough Trough, une zone à grand potentiel dans l'est de l'Angleterre.

Total est, par ailleurs, la deuxième société française à investir dans le gaz de schiste en Grande-Bretagne après GDF Suez, qui a annoncé le 22 octobre une prise de participation minoritaire dans 13 permis d'exploration dans l'ouest de la Grande-Bretagne.

Polémique gouvernementale sur le gaz de schiste

L'exploitation du gaz de schiste fait actuellement débat en raison des risques écologiques liés à la fracturation hydraulique, seul technique connue pour extraire le gaz.

La polémique agite à nouveau le gouvernement sur ce sujet, le ministre de l'Ecologie Philippe Martin s'opposant à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Le premier refuse catégoriquement l'exploitation du gaz de schiste quand le second appelle à la recherche de techniques "propres" dans ce but.

 "Je profite de l'occasion pour dire à ceux qui, sempiternellement, reviennent à la charge pour essayer de me convaincre qu'il conviendrait d'extraire encore les hydrocarbures fossiles, enserrés dans de l'argile très dure, avec des moyens impactants pour l'environnement, que non, ça n'est pas la bonne direction", a ainsi déclaré Philippe Martin ce 24 janvier, lors d'un discours.

J.M. avec AFP