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Fermeture de Fessenheim: l'incertitude règne chez EDF

L'entrée de la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin).

L'entrée de la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin). - Sébastien Bozon

À la veille d’un conseil d’administration d’EDF, censé se prononcer sur le protocole d’indemnisation pour la fermeture anticipée de Fessenheim, l’incertitude règne toujours sur le maintien d’un vote sur ce sujet.

Le premier producteur d'électricité au monde va-t-il acter la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin)? À moins de 24 heures d'une réunion de son conseil d'administration et alors que les salariés du site manifestent contre ce projet, EDF n'a toujours pas décidé si cette question serait bien à l'ordre du jour. 

La direction de l'entreprise, et indirectement l’État -actionnaire à plus de 85% de l’électricien- veulent être certains d’obtenir un vote favorable sur l’accord d’indemnisation qu’ils ont conclu en août. Or, selon plusieurs sources le soutien de la majorité des administrateurs à l’accord n’est pas encore totalement assuré. Si cette inquiétude persiste, le sujet pourrait donc être reporté à une prochaine réunion du conseil.

Les représentants de l’État ne prendront pas part au vote, tandis que les six administrateurs élus par les salariés ont indiqué qu’ils se prononceraient contre la fermeture du site. Dans la lignée de l’avis négatif rendu par le comité central d’entreprise du 10 janvier. L’issue du vote se trouve donc entre les mains des six administrateurs indépendants, parmi lesquels le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui possède une voix prépondérante. Ils doivent tous donner leur feu vert pour que l’accord soit validé.

"Rien n'est encore fait" 

"Les administrateurs ont beaucoup bougé" sur le dossier, indique une source auprès de l’AFP, précisant que "rien n’est fait", même si "les choses ont bien évolué dans la dernière ligne droite". Pour rappel, le protocole d’accord prévoit une indemnisation de 446 millions d’euros au moins, dont un premier versement de 100 millions d’euros dès l’arrêt de la centrale.

Le solde sera constitué d’une part fixe et d’une part variable, tenant en compte un éventuel manque à gagner d’EDF jusqu’en 2041. La validation de cette indemnisation est un préalable au dépôt par EDF d’une demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale, qui prendra la forme d’un décret du gouvernement pour entériner la décision de ferme la centrale.

Fessenheim, doyenne des centrales nucléaires françaises 

La fermeture anticipée de Fessenheim, doyenne des centrales nucléaires françaises, est une promesse de campagne de François Hollande datant de 2012. Elle est fixée à l’horizon 2018 lorsqu’EDF prévoit de mettre en service l’EPR de Flamanville (Manche). La loi sur la transition énergétique plafonne en effet les capacités nucléaires de la France à leur niveau actuel.

Les salariés de la centrale se sont mobilisés lundi pour protester contre sa fermeture, en installer un barrage filtrant à l’entrée du site et prévoient de nouvelles actions demain.

A.M. avec AFP