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EPR de Flamanville: pour la CGT, c'est EDF "qui va mal globalement"

Invitée sur le plateau de "12H, l'Heure H", Karine Granger, administratrice salariée d'EDF et déléguée syndicale FNME/CGT revient sur les commentaires acerbes de Bruno Le Maire à la suite d'un rapport très critique sur le chantier de la centrale.

Le rapport Folz, très critique sur le chantier sans fin de l'EPR de Flamanville, avait provoqué lundi un coup de sang du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui exige qu'EDF lui rende un rapport sur la question sous un mois. Si Karine Granger, administratrice salariée d'EDF et déléguée syndicale FNME/CGT, invitée dans "12H, l'Heure H" sur BFM Business ce mardi "ne se satisfait pas" des dépassements de budgets (12,4 milliards d'euros contre 3,3 prévus au départ) et de délais (2022 contre 2012), elle fustige la méthode du gouvernement et surtout la non prise en compte de la globalité du problème.

"Soyons sérieux. Demander un plan d'action en un mois pour un problème qui dure depuis 2006... Je vous rappelle que la CGT en 2006 avait dénoncé la plupart des points qui ont été soulignés dans le rapport Folz. Et dans ce rapport, (...) il en manque dans ce qui se passe à l'intérieur d'EDF. La disparition de la direction de l'équipement, qui était quand même l'architecte ensemblier d'EDF, c'est un point fort qui n'est pas souligné dans le rapport Folz et sur lequel on aimerait revenir", souligne Karine Granger.

"Pas constructif"

Et de poursuivre: "ce rapport arrive à un moment où finalement Jean-Bernard Lévy [PDG d'EDF, NDLR] essaye d'en retirer en crédit en disant: 'vous voyez, je suis aux commandes, tout va aller mieux'. Nous on doute car on a toujours les mêmes éléments depuis 2006 sur la table".

La responsable rappelle par ailleurs "les sacrés changements au niveau de l'industrie nucléaire. Je rappelle qu'EDF a absorbé Areva NP, ce n'est pas rien. D'ailleurs, depuis 2004 [et le passage d'EDF en société anonyme, NDLR], toutes ces fusions acquisitions ont tout de même coûté 13 milliards d'euros à l'entreprise. Vous ajoutez les 22 milliards de dividendes qui ont été perçus par l'Etat actionnaire, je pense que ça fait beaucoup et effectivement l'entreprise elle va mal mais elle va mal globalement. (...) Avoir en permanence une actualité qui vise finalement des échecs successifs, ça ne me paraît pas très constructif", souligne-t-elle. 

Olivier Chicheportiche