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EDF: vers un retour en grâce d'Henri Proglio?

Henri Proglio pourrait finalement conserver son poste à la tête d'EDF.

Henri Proglio pourrait finalement conserver son poste à la tête d'EDF. - -

Pierre Moscovici a marqué sa volonté de calmer le jeu dans l'affaire du partenariat passé entre un groupe chinois et EDF, ce vendredi 11 janvier. Ce qui pourrait bien profiter à son PDG. Explications.

Annoncé comme étant sur la sellette à la fin du mois de décembre, Henri Proglio pourrait bien avoir retourné la situation en sa faveur. Le partenariat passé avec le groupe chinois CGNPC –qui fait l’objet d’une enquête demandée par le gouvernement- semble être en passe de devenir de l’histoire ancienne.

Ladite enquête devait définir si, par cet accord, EDF avait voulu écarter Areva de la course au marché nucléaire chinois, bradant au passage des secrets industriels français. Si tel était le cas, le gouvernement songeait à débarquer Henri Proglio dans un futur proche, selon certaines sources proches du gouvernement, citées par l’AFP.

Moscovici veut calmer le jeu avec les Chinois

Mais le voyage en Chine de Pierre Moscovici, qui s’est achevé mercredi, semble avoir quelque peu changé la donne. Les déclarations du ministre de l’Economie, ce vendredi 11 janvier dans les colonnes du Figaro, actent d’ailleurs ce changement de ton. Tout d’abord, il n’est plus question d’enquête mais d’une "mission de contrôle". "Cette procédure ne vise pas d’avantage M. Proglio", y déclare notamment le locataire de Bercy.

Ce dernier n’en fait d’ailleurs pas mystère : les partenariats existants avec la Chine sont "d’une importance essentielle aux yeux de nos interlocuteurs gouvernementaux." Et comme ces derniers ont assez peu goûté à la polémique les mettant en cause comme des pilleurs de technologies, la France a commencé une opération déminage de grande envergure. Dans ce contexte, le remplacement d’Henri Proglio accréditerait la thèse du "traitre à la nation" que véhiculent certains opposants au PDG d’EDF.

"Si Proglio cesse de la jouer perso..."

Une version que conteste le député socialiste Christian Bataille, même s’il se dit "inquiet" au sujet des discussions avec les partenaires chinois de la France. Lui-même pro-nucléaire, il pointe en effet du doigt "le comportement un peu naif de l’industrie de pointe française". Les transferts de technologies ne sont pas tabous, "on l’a déjà fait", dit-il. Et c’est bien ce qui l’inquiète : il ne s’agirait pas de fournir aux Chinois les armes pour concevoir une industrie "en concurrence avec celle de la France", à l’instar du TGV, par exemple.

Pour autant, le maintien d’Henri Proglio à son poste ne lui pose pas de problème particulier : "la France a besoin de bons techniciens, qui ne sont d’ailleurs pas obligés de faire allégeance au président de la République [en référence à la proximité supposée d’Henri Proglio avec Nicolas Sarkozy,NDLR]". Une condition est malgré tout nécessaire : "Henri Proglio doit intégrer le fait qu’EDF est une entreprise d’Etat, sous la coupe du gouvernement. S’il cesse de la jouer perso, je ne vois pas pourquoi il devrait partir." Transmis à l’intéressé…

Yann Duvert