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EDF met enfin le cap sur les énergies renouvelables

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- - Oregondot - Flickr - CC

L'électricien va investir 25 milliards d'euros dans le solaire d'ici 2035. Un plan destiné à satisfaire la politique énergétique du gouvernement.

EDF ouvre enfin les yeux. L’électricien a annoncé ce lundi un virage vert sans précédent en France. Entre 2020 et 2035, il investira 25 milliards d’euros pour construire 30 gigawatts de panneaux solaire. Un changement radical alors qu’EDF part quasiment de zéro. Le géant français n’exploite que 1,6 gigawatt aujourd’hui. Les grandes installations, supérieures à 100 MW (approvisionnant 100.000 foyers), seront privilégiées pour diminuer les coûts.

L'objectif de 30 gigawatts de panneaux solaire équivaut à cinq ou six réacteurs nucléaire à pleine puissance. Cela représentera, à terme, la consommation de cinq à six millions de foyers à horizon 2035. Et peser "seulement" 10% des besoins de la France... Malgré tout, c'est un véritable bond en avant pour EDF qui n'exploite que peu de parcs solaires en France. Le groupe a préféré se concentrer sur le solaire, considérant qu’il y a trop d’"obstacles" en France pour l’éolien qui n’est pas "accepté par la population" a confié le PDG Jean-Bernard Levy, lundi lors d’une conférence de presse

Alors qu’il fait face à un endettement de lourd de 37 milliards d’euros, le groupe prévoit de financer ses futurs projets avec des partenaires. Ce qui devrait quasiment diviser la facture par deux. Il pourra ainsi les assumer en augmentant ses investissements dans les énergies renouvelables de 2,5 à 3,5 milliards d'euros par an. Ce qui, pour la France, représente 1 milliard en plus par an.

"Deal" avec Nicolas Hulot

EDF réalise enfin que le coût des énergies renouvelables devient compétitif. Dans quelques années, il sera au même prix que le nucléaire. "Le groupe est maintenant convaincu que le prix des énergies vertes n’est plus une hérésie" confie un dirigeant en guise d’aveu de l’aveuglement d’EDF ces dernière années. Les deniers appels d’offres de centrales solaire ont proposé des prix de production un peu supérieur à 50 euros le MWh. Plus très loin de celui du nucléaire de 42 euros.

Mais au-delà de ces chiffres incontestables, il n’y a pas de hasard. Il y a un mois, le ministre de l'Ecologie reportait à 2035 l'objectif de réduire la part du nucléaire de 75% à 50%. Le "deal" entre le gouvernement et EDF est l suivant: gagner 10 ans de plus pour le nucléaire et développer dans cet intervalle les énergies renouvelables. D'ailleurs, ce plan d'EDF a été préparé en quelques semaines.

Après avoir mangé son pain noir et accepté de décaler l'objectif sur le nucléaire de dix ans, Nicolas Hulot décroche enfin son "plan vert". Même si EDF seul ne suffira pas à remplir les objectifs de transition énergétique.

Matthieu Pechberty