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EDF candidate pour construire 2 réacteurs nucléaires EPR de plus au Royaume-Uni

Le processus de sélection devrait prendre 18 mois. Ce sera ensuite au gouvernement de valider ou non ce projet de centrale.

Le processus de sélection devrait prendre 18 mois. Ce sera ensuite au gouvernement de valider ou non ce projet de centrale. - AFP

Le géant français de l'énergie a annoncé avoir déposé auprès des autorités britanniques une demande d'autorisation pour construire deux réacteurs nucléaires EPR à Sizewell en Angleterre sur le modèle de ceux d'Hinkley Point.

Le mastodonte tricolore de l'énergie se tourne une nouvelle fois du côté de la Grande-Bretagne. Après la centrale d'Hinkley Point située au Sud de l'Angleterre et dont le chantier devrait être achevé en 2025, EDF a annoncé mercredi avoir déposé auprès des autorités britanniques une demande d'autorisation pour la construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Sizewell dans l'Est de l'Angleterre.

La candidature a été soumise avec deux mois de retard en raison de la crise du coronavirus, explique EDF Energy, la filiale britannique du groupe, dans un communiqué.

De l'électricité pour 6 millions de foyers

Le processus de sélection devrait prendre 18 mois. Ce sera ensuite au gouvernement de valider ou non ce projet de centrale. Laquelle sera située dans le Suffolk, sur la côte est anglaise, et sera équipée de deux réacteurs EPR.

D'une puissance totale de 3,2 GW, Sizewell C (l'unité de Sizewell qui verra le jour) pourra fournir de l'électricité à 6 millions de foyers et sa construction devrait créer 25.000 emplois, assure EDF.

"Sizewell C est un projet d'infrastructure neutre en émissions carbone et de nature à relancer l'économie après la crise du coronavirus", estime Humphrey Cadoux-Hudson, directeur général de Sizewell C. "Il permettra de créer des emplois hautement qualifiés et de long terme pour la population du Suffolk et renforcera l'industrie du nucléaire à travers le pays", selon lui.

Sur le site de Sizewell, il existe deux centrales, Sizewell A ouverte dans les années 1960 et fermée en 2006, et Sizewell B, ouverte en 1995 et encore en opération.

La centrale sera une quasi-réplique de Hinkley Point dans le Somerset et sera comme cette dernière développée par EDF aux côtés du chinois CGN. Cela devrait permettre selon EDF de réduire les risques et les coûts pour cette nouvelle centrale.

Les déboires d'Hinkley Point C

Hinkley Point C a été validé par le gouvernement britannique en 2016. Il s'agit de la seule centrale nucléaire en cours de construction dans le pays. 

Mais le projet a subi des dépassements de budget si bien qu'EDF a revu en 2019 en hausse son coût, estimé désormais entre 21,5 et 22,5 milliards de livres (entre 24 et 25,1 milliards d'euros). Censée être livrée à partir de la fin 2025, bien qu'EDF ait prévenu d'un risque de retard, cette centrale doit fournir 7% des besoins en électricité britanniques.

Ces différents projets doivent prendre le relais des centrales nucléaires construites au XXe siècle qui ont fermé ou sont sur le point d'arriver en fin de vie. Ils sont en outre cruciaux pour EDF qui a connu des déboires avec ses réacteurs de troisième génération EPR, notamment à Flamanville.

Les écologistes montent au créneau

Le projet de Sizewell rencontre l'opposition des associations écologistes. Le mouvement Stop Sizewell C estime qu'il est trop coûteux, se fait au détriment de l'investissement dans les énergies vertes et va avoir un impact sur le tourisme et la nature dans la région.

Pour l'ONG Greenpeace, "le soutien en faveur du nucléaire est difficile à expliquer compte tenu des alternatives moins chères, plus sûres, plus rapides et bien plus populaires qui sont privilégiées dans la plupart du reste du monde".

JCH avec AFP