BFM Business

EDF aurait pu se retrouver "dans la situation d'Areva", selon son ex-directeur financier

Thomas Piquemal était en désaccord avec Jean-Bernard Levy, le PDG d'EDF, sur Hinkley Point

Thomas Piquemal était en désaccord avec Jean-Bernard Levy, le PDG d'EDF, sur Hinkley Point - Éric Piermont - AFP

"Thomas Piquemal, l'ancien directeur financier de l'électricien public, a affirmé ce mercredi 4 mai devant les députés que l'investissement dans Hinkley Point aurait pu amener le groupe à se retrouver dans une situation aussi critique que celle d'Areva."

EDF aurait très bien pu se retrouver aussi mal en point qu'Areva si le groupe avait choisi d'investir dès mars dans le projet d'EPR à Hinkley Point au Royaume-Uni. C'est ce qu'a affirmé son ancien directeur financier, Thomas Piquemal, ce mercredi 4 mai.

"On peut toujours dire qu'on aurait pu aller à la décision finale d'investissement comme le souhaitait le président Jean-Bernard Lévy fin mars, sans plan de financement bouclé, en se disant 'mais après tout, il y a l'État français', a-t-il déclaré. "Mais moi je ne peux pas considérer que je cautionne une décision qui pourrait amener un jour EDF à se trouver dans la situation d'Areva", a expliqué Thomas Piquemal devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Un projet de 23 milliards d'euros

C'est la première fois que l'ancien numéro deux d'EDF s'exprimait publiquement depuis sa démission début mars, qu'il a justifiée par son incapacité à obtenir un report de trois ans d'Hinkley Point, un projet de 18 milliards de livres (environ 23 milliards d'euros) vivement contesté aussi par les syndicats du groupe.

Depuis, EDF a annoncé fin avril que l'État français s'était engagé à le renflouer dans le cadre d'un projet d'augmentation de capital de 4 milliards d'euros destinée à renforcer ses fonds propres et financer ses investissements.

L'État, actionnaire à 84,5%, mettra la main au portefeuille à hauteur de 3 milliards d'euros, alors qu'en janvier, il s'était déjà engagé à renflouer Areva, le spécialiste français du nucléaire en grande difficulté financière.

Sous la pression des syndicats, le PDG d'EDF a décidé de solliciter l'avis du comité central d'entreprise (CCE), décalant à septembre l'ultime feu vert à la construction de deux EPR à Hinkley Point, un projet soutenu par Paris et Londres.

J.M. avec AFP