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Des ONG s'alarment de l'utilisation des biocarburants dans l'aviation

Le 1er février 2008, l'Airbus A380 a effectué un vol d'essai en utilisant dans ses moteurs un mélange de kérosène et de biocarburant obtenu à partir d'une synthèse du gaz naturel. (image d'illustration).

Le 1er février 2008, l'Airbus A380 a effectué un vol d'essai en utilisant dans ses moteurs un mélange de kérosène et de biocarburant obtenu à partir d'une synthèse du gaz naturel. (image d'illustration). - Éric Cabanis - AFP

Plusieurs associations environnementales appellent l'Organisation de l'aviation civile internationale à limiter le recours des compagnies aériennes aux biocarburants. Ces sources d'énergie alternatives conduisant, selon elles, à "une déforestation à grande échelle".

L'utilisation à grande échelle de carburants alternatifs, envisagée dans le transport aérien, conduira à une augmentation de la production d'huile de palme et à plus de déforestation met en garde un collectif d'ONG alors que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) -agence spécialisée de l'ONU- doit se pencher sur sa "vision" des carburants alternatifs dans le cadre de sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique. 

Selon un document disponible sur son site internet, cette "vision" envisage un passage des "carburants d'aviation durables" à 2% du total des carburants du secteur en 2025 (5 millions de tonnes par an), 32% en 2040 (128 millions de tonnes par an) et 50% en 2050 (285 millions de tonnes par an).

"Même si les chiffres proposés par l'OACI sont irréalistes, créer un tout nouveau marché pour les biocarburants va aggraver le mal causé par les politiques existantes de promotion des biocarburants pour le transport routier dans l'Union européenne, aux États-Unis et ailleurs", dénonce le collectif d'une centaine d'ONG internationales dans une lettre adressée à l'organisation.

Les biocarburants accusés d'accélérer la déforestation 

Cette consommation plus importante de carburants alternatifs voudrait dire, selon ce texte, "presque certainement" utiliser plus d'huile de palme. Un produit accusé de contribuer à la déforestation et au changement climatique.

Les impacts sur l'environnement des carburants alternatifs "ne sont pas moindres que ceux des carburants fossiles", assurent encore les ONG, qui appellent les 191 États membres de l'OACI à "s'opposer" à leur développement.

"Les biocarburants sont déjà responsables de déforestation à grande échelle, d'appropriation de terres, de violations des droits de l'Homme, et de perte de souveraineté et de sécurité alimentaires", dénonce dans un communiqué Mary Louise Malig, de l'ONG Global Forest Coalition. "Ravitailler les avions avec en plus des voitures, amplifierait ces impacts préoccupants, sans rien faire pour s'occuper du changement climatique".

Ralentir la croissance du secteur aérien 

Les ONG appellent à la place à "prendre des mesures urgentes pour réduire les impacts de l'aviation sur le climat en ralentissant et finalement en inversant sa croissance", notamment en mettant un terme aux subventions, en arrêtant l'extension des aéroports et en investissant dans d'autres modes de transports comme le rail.

Selon la Commission européenne, si le secteur aérien mondial était un pays, il entrerait dans le top 10 des principaux émetteurs, selon la Commission européenne. 

A.M. avec AFP