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Départ de Batho: pour Christophe de Margerie, parler de lobbies est "déplacé"

Christophe de Margerie assure avoir eu de bonnes relations avec l'ex-ministre.

Christophe de Margerie assure avoir eu de bonnes relations avec l'ex-ministre. - -

Le PDG de Total a estimé, ce samedi 6 juillet, que parler de lobbies économiques "est déplacé et surtout inexistant" pour expliquer l'éviction de Delphine Batho du gouvernement. Il a assuré avoir eu de bonnes relations avec l'ex-ministre.

Le PDG du géant pétrolier français Total, Christophe de Margerie, réfute le rôle des lobbies économiques dans l'éviction de Delphine Batho.

"Je ne dirais pas que le départ de Delphine Batho est une péripétie, car ça ne l'est pas, en particulier pas pour elle, mais c'est une spécificité française de trouver derrière tout ça des choses extraordinaires comme un problème d'antiécologie, d'antiféminisme... Ramenons tout cela à un problème de gouvernement, de ministres et de budget", a-t-il déclaré à des journalistes, en marge des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, ce samedi 6 juillet.

"Quant à des lobbies qui seraient intervenus, en tout cas moi pas, parler de lobby pour faire partir un ministre ça me paraît vraiment probablement déplacé et surtout inexistant", a-t-il ajouté.

Les industriels ne s'opposeraient pas à la transition énergétique

Interrogé sur ses relations avec l'ex-ministre, il a répondu : "moi j'ai eu de bons rapports avec Madame Batho, on a eu de vrais échanges, et (...) bien évidemment c'est au gouvernement de décider quelle direction et quelle stratégie il veut donner au pays".

Christophe de Margerie a, par ailleurs, nié que les industriels s'opposent à la transition énergétique prônée par Delphine Batho, qui vise à rendre la France moins dépendante du nucléaire et des énergies fossiles, et énergétiquement plus sobre.

"Il n'y a pas de frein, il y a une volonté de dialogue, j'aimerais qu'on écoute tout le monde et pas seulement les écologistes. Je ne défends pas les énergies fossiles contre les énergies renouvelables, ce serait ridicule, mais il faut prendre toute la réalité en main: en France, on a du nucléaire mais aussi du gaz et du pétrole (dans le bouquet énergétique) et il ne faut pas antagoniser les choses avec les bons et les méchants", a-t-il ajouté.

Delphine Batho a été débarquée cette semaine du ministère de l'Ecologie et de l'énergie, à la suite de ses critiques sur le budget de son ministère qu'elle avait qualifié de "mauvais". Lors d'une conférence de presse jeudi, elle a accusé "certaines forces économiques", liées notamment au gaz de schiste et au nucléaire, d'avoir "voulu (sa) tête".

Le titre de l'encadré ici

|||Pas de raisons que les prix à la pompe augmentent cet été

Alors que des associations de consommateurs ont dénoncé, cette semaine, les marges "anormalement élevées" des stations-services, Christope de Margerie a estimé qu'il n'y avait pas de raison que les prix à la pompe augmentent en cette période de départ en vacances.

"On est tellement malins que, quand les Français partent en vacances, on va augmenter les prix pour se rendre sympathiques? C'est évident que non. On fait attention justement à ce qu'il n'y ait pas de hausses à ce moment-là", a-t-il déclaré.

J.M. avec AFP