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Crise en Ukraine: les russes Rosneft et Novatek vont en pâtir

Rosneft et son compatriote Novatek pourraient souffrir des sanctions américaines pour leur financement à long terme.

Rosneft et son compatriote Novatek pourraient souffrir des sanctions américaines pour leur financement à long terme. - -

L'agence de notation Moody's prévient, ce lundi 21 juillet, que les nouvelles sanctions introduites par les Etats-Unis contre les géants Rosneft et Novatek pourraient mettre un frein à leurs projets de production.

Rosneft et Novatek, prochaines victimes des sanctions américaines contre la Russie? C'est ce qu'affirme l'agence de notation Moody's, ce lundi 21 juillet. Les nouvelles mesures de rétorsion prises par les Etats-Unis à l'encontre de Moscou vont entraver les projets de production des deux géants de l'énergie, notamment le projet Yamal, sur lequel le français Total est associé.

"Les sanctions vont réduire de manière significative les possibilités offertes à ces deux sociétés de se financer et pourraient mettre la pression sur leurs projets de développement, comme Yamal LNG pour Novatek", écrit l'agence de notation dans une note.

Yamal LNG est un projet énergétique pour exploiter d'ici 2017 les immenses ressources en gaz de la péninsule de Yamal, au-delà du cercle polaire. Le consortium est détenu à 60% par Novatek, à 20% par Total et à 20% par le Chinois CNPC.

Rosneft, premier producteur de pétrole au monde

Les activités commerciales de Rosneft et Novatek ne sont pas encore affectées, admet Moody's, mais les nouvelles sanctions décrétées par Washington "les coupent de fait des marchés de capitaux américains à long terme".

Standard & Poor's, une autre parmi les trois grandes agences de notation, a pour sa part relativisé les conséquences à attendre des nouvelles sanctions américaines. Elle considère que les deux groupes disposent de suffisamment de liquidités pour faire face à court terme. Mais à plus long terme, si ces mesures étaient pérennisées, elles "les contraindraient à chercher des sources de financements alternatives", a-t-elle ajouté.

Pour Moody's, "si les sanctions étaient étendues au secteur financier européen, cela limiterait de manière draconienne les financements et les possibilités de partenariat pour les sociétés touchées et augmenterait les coûts, conduisant potentiellement à un gel des investissements et ralentissant leur croissance".

Devenu l'an dernier le numéro un en termes de production de pétrole en volume parmi les entreprises cotées en Bourse dans le monde, Rosneft est lié par des accords de coopération avec plusieurs géants occidentaux comme le Britannique BP qui détient près de 20% de son capital et l'Américain ExxonMobil.

N.G. avec AFP