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Changement climatique: pour 70% d'entre vous, l'Homme va s'adapter

Chaque semaine répondez à notre sondage sur la transition énergétique.

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Vous avez été 70% à penser que l'espèce humaine va s'adapter au changement climatique. Pour Pascal Picq, paléoanthropologue et maitre de conférence au Collège de France, l'homme n'a de toute façon pas le choix.

Face au changement climatique, l'Homme va devoir s'adapter. Une large majorité d'entre vous est confiant sur les capacités humaines à survivre aux bouleversements qui nous attendent.

Mais il ne faut pas sous-estimer l'ampleur du changement! Pascal Picq, paléoanthropologue et maitre de conférence au Collège de France, explique que "l'humanité vit une phase inédite". "Pour la première fois, il va falloir assurer le devenir des générations futures et la stabilité démographique, tout en essayant de préserver les énergies", explique le spécialiste.

Et si l'on suit les estimations des experts du GIEC, la situation de notre planète va sérieusement s'aggraver dans les prochaines décennies. Une hausse des températures de 0,3 à 4,8 degrés selon le degré d'optimisme, et une augmentation du niveau des eaux de 26 à 82 degrés.

Certains emploient le terme de "catastrophisme" et dénonce "le GIEC comme un ovni de l’histoire des sciences" pour reprendre les termes du mathématicien Benoît Rittaud auteur du "Mythe climatique" aux Editions du Seuil.

Et d'ajouter "même le Giec doit désormais reconnaître que la température de la Terre n’augmente plus depuis quinze ans. "Selon lui, "la hausse du niveau des mers, actuellement de l’ordre de 3 millimètres par an, est tout à fait comparable à celle du XXe siècle. Trois fois plus faible que ce qu’il faudrait pour permettre au scénario catastrophe du GIEC de se réaliser". Pour d'autres spécialistes, il s'agit juste d'un palier et le phénomène peut reprendre très prochainement.

Le GIEC bien loin de la réalité?

La critique est d'autant plus aisée que le GIEC a commis des erreurs. En 2010, les experts annoncent une fonte de glaciers de l'Himalaya. "Sur un rapport final de 1.000 pages, évidemment, nous ne sommes jamais à l'abri d'une erreur". Pour la climatologue Valérie Masson-Delmotte, "le processus de relecture a été revu, les éditeurs doivent vérifier la bonne prise en compte des commentaires, en les validant ou en les rejetant. Il est aussi plus facile d'apporter des correctifs."

A contrario, une étude de la revue Global Environnemental Change remet en cause les accusations d'exagération formulée à l'encontre du GIEC. C'est ainsi que les premières prévisions du GIEC anticipaient à moyen terme, une augmentation moyenne du niveau des mers d'environ 2 mm par an.

Selon l'historienne des sciences Naomi Oreskes, elle atteint aujourd'hui un rythme d'environ 3,2 mm par an, "plus de 50 % au-dessus des prévisions du GIEC". Et d'en tirer des conclusions sur l'aspect assez conservateur des scientifiques et l'impact du rôle des États dans toute cette affaire.

Des écosystèmes perturbés

Difficile de dire ce qui nous attend mais dans tous les cas des changements se préparent. Pour certains, une hausse des températures pourrait favoriser le développement des maladies infectieuses, d'autant plus que la population mondiale ne cesse d'augmenter.

Les vagues de chaleur ont un impact sur des populations particulièrement vulnérables (personnes âgées, nourrissons ou personnes souffrant de troubles respiratoires comme l’asthme, notamment). Les changements climatiques ont des conséquences également la production agricole ou les ressources de la pêche, qui ont à leur tour des conséquences sur l’alimentation des populations. Nos modes de vie pourraient donc évoluer.

En France, le Haut Conseil de la Santé Publique a été chargé de mettre en place un groupe de réflexion sur l’adaptation au changement climatique. Si nous voulons rester optimistes, citons le philosophe Socrate: "Ce qui fait l'homme, c'est sa grande faculté d'adaptation."

Nathalie Croisé de BFM Business