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Ces métropoles françaises qui veulent leurs "autoroutes à vélo"

Les métropoles françaises veulent se doter d'axes sécurisés et rapides pour les cyclistes.

Les métropoles françaises veulent se doter d'axes sécurisés et rapides pour les cyclistes. - Jean-Louis Zimmermann - Flickr - CC

Déjà opérationnels dans plusieurs pays européens, les projets de "réseaux express cyclistes" se multiplient en France. Les métropoles de Strasbourg, Paris et Toulouse se sont lancées dans l'aventure.

Les pistes cyclables, tout le monde connaît. mais les "autoroutes à vélo", pas vraiment. Ou du moins pas encore. Car du fait des aléas de la circulation et du manque de discipline des piétons, les voies officiellement dédiées aux cyclistes ne permettent pas toujours à ces derniers de rallier en un temps record un point A à un point B (une zone résidentielle en banlieue et le centre-ville par exemple). C'est pour pallier ce problème qu'ont vu le jour, dans les pays d'Europe du Nord (Pays-Bas, Danemark, Belgique ...), les "autoroutes à vélo".

S'inspirant des aménagements liés aux bus à haut niveau de service (BHNS), les réseaux express vélo sont créés en site propre. En pratique, ces voies de circulation sont séparées de tout autre flux de circulation et bénéficient de facilités d'insertion et de sortie aux carrefours. Eclairées, elles sont accessibles 24h/24 et 365 jours par an. Enfin, leur entretien est renforcé. L'ensemble de ces dispositions permettent aux cyclistes de rouler à une vitesse moyenne élevée: de l'ordre de 15 à 20 kilomètres par heure. 

61 kilomètres de voies réservées à Paris 

En Ile-de-France, la ville de Paris milite pour la création de telles infrastructures. Objectif: un réseau de 61 kilomètres qui serait inauguré en 2020. D'un coût de 150 millions d'euros, il permettrait de traverser la capitale selon quatre axes Est/Ouest et Nord/Sud. 

Les axes en rose sur le plan ci-dessous symbolisent les itinéraires concernés

Schéma issu du plan vélo de la ville de Paris, présenté au printemps 2015.
Schéma issu du plan vélo de la ville de Paris, présenté au printemps 2015. © Ville de Paris

Strasbourg, championne de France des aménagements cyclistes

Avec près de 8% des déplacements réalisés à vélo, Strasbourg a fait du développement des voies cyclables l'une de ses priorités. Quelque 560 kilomètres d'itinéraires cyclables ont ainsi été aménagés. Dans le cadre du programme "Vélostras", la ville d'Alsace a construit, tout autour du centre-ville trois anneaux : "Ellipse", "Petite rocade" et "Grande rocade".

La "Petite rocade", boucle de 12 kilomètres, s'est vue dotée de micro stations-services dédiées à l'univers du vélo. Les cyclistes peuvent y trouver de l'eau, des pompes à air ou encore du petit outillage. En parallèle, des axes desservant la périphérie ont aussi été aménagés. 

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- © Ville de Strasbourg

Toulouse entre dans la course 

Dans le Sud-Ouest, du côté de Toulouse Métropole, l'exécutif en place vient de décider de relancer le plan vélo, voté par la précédente majorité en 2011. Pour y parvenir, un budget de 6 millions d'euros par an pendant cinq ans a été alloué à ce programme. Outre le développement de la pratique du vélo sur le territoire, le but affiché est de faire baisser la pollution dans l'aire métropolitaine. Pour l'heure, aucun itinéraire n'a encore été défini (ils le seront au mois de décembre), mais les distances entre la périphérie et la ville-centre ne devraient pas excéder 15 kilomètres..

Quid du réseau européen "EuroVelo" ?

Au sein de l'Union européenne, la pratique du vélo entre les frontières est particulièrement encouragée au moyen d'un autre réseau très développé, mais plus axé sur le cyclotourisme. Il s'agit d'EuroVelo. Les 70.000 kilomètres de voies sont répartis en 14 itinéraires développés par la Fédération européenne cycliste. Six de ces véloroutes traversent la France. 

Antonin Moriscot