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Ce navire écolo part s'attaquer au plastique qui pollue les océans

L'étonnant catamaran "Race for Water" a appareillé dimanche 9 avril de Lorient pour une croisade planétaire de cinq ans visant à alerter sur l'urgence de préserver les océans de la pollution par les plastiques.

C'est sous le soleil que le navire "Race for Water", équipé de panneaux photovoltaïques et entièrement autonome en énergie, a pris le large depuis Lorient (Morbihan). "C'est un moment magnifique" s'est réjoui Marco Simeoni, président de la fondation suisse Race for Water, à l'origine de cette aventure écologique de cinq ans autour des mers du globe. "C'est une odyssée de l'espoir qui va présenter des solutions qui montrent le chemin à prendre" pour réduire la pollution des océans par les plastiques a-t-il souligné, rappelant que si rien n'est fait d'ici à 2050, il y aura plus de plastiques (en poids) dans les océans que de poissons. 

L'expédition, notamment soutenue par l'ONU, vise à sensibiliser les populations locales au problème de la pollution par les plastiques usagés en mer, à mener des études scientifiques au service des océans, à commencer par celle consistant à évaluer l'impact des microplastiques sur les écosystèmes marins, ainsi qu'à promouvoir de nouvelles solutions technologiques permettant de lutter contre cette pollution.

"Ce tour du monde sur cinq ans va être passionnant", s'est réjoui, à l'avance, le navigateur et capitaine de l'expédition Gérard d'Aboville. Âgé de 71 ans, l'aventurier rejoindra le catamaran et son équipage -composé d'une dizaine de personnes se relayant en deux équipages tout au long de ces cinq années- lors de sa première étape prévue aux Bermudes, de mai à juin.

Un bateau autonome en énergie 

Long de 35 mètres, le navire utilisé s'était fait connaître en 2012, sous le nom de PlanetSolar, pour avoir achevé un premier tour du monde à l'énergie solaire grâce à une surface de 540 m2 de panneaux photovoltaïques. Gérard d'Aboville était déjà de l'expédition à l'époque.

Propriété depuis 2015 de la fondation Race for Water, dédiée à la préservation de l'eau, le bateau a subi d'importantes modifications afin de le rendre encore plus autonome en énergie. Il a notamment été doté d'une unité de production d'hydrogène fonctionnant avec de l'eau dessalée à bord, ainsi que d'un cerf-volant de traction d'une surface de 40 m2.

L'expédition, qui comprend deux années en mer et trois à quai, fera escale aux Bermudes à l'occasion de l'America's Cup, mais également à Tokyo (Japon) pour les Jeux Olympiques de 2020 et à Dubaï (Émirats arabes unis), entre octobre 2020 et avril 2021, pour l'Exposition universelle. 

Une odyssée parallèle menée par un autre navire 

Créée en 2010, la fondation suisse avait déjà lancé une expédition maritime d'un an en 2015 pour établir un bilan de la pollution des océans par les plastiques. Elle en était revenue avec un constat alarmant, soulignant qu'un nettoyage à grande échelle des océans était impossible. 

Un autre navire, l'Energy Observer, équivalent sur mer de l'avion solaire Solar Impulse, sera mis à l'eau le 14 avril à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Comme le Race for Water, il est doté d'une usine à hydrogène à bord pour produire sa propre électricité. Après une série d'étapes en France jusqu'à la fin de l'année, il appareillera pour une odyssée de six ans autour du monde, afin d'aller "à la découverte de solutions pour un futur plus propre".

A.M. avec AFP