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Berlin veut récupérer la gestion de son électricité

Le groupe suédois Vattenfall pourrait perdre la gestion du réseau électrique de Berlin, qui lui rapporte 80 millions d'euros par an.

Le groupe suédois Vattenfall pourrait perdre la gestion du réseau électrique de Berlin, qui lui rapporte 80 millions d'euros par an. - -

Les Berlinois sont appelés à se prononcer, ce dimanche 3 novembre, sur la gestion de leur électricité. Le mois dernier, c’est Hambourg qui avait déjà préféré abandonner la gestion privée. Des renationalisations qui posent problème pour les finances publiques.

C’est une mini-révolution qui est en marche dans les grandes villes allemandes. La gestion des réseaux d’électricité pourraient bien repasser sous le contrôle de la municipalité. Jusqu’à présent, ce sont en effet des sociétés privées qui gèrent ces réseaux, un peu de la même manière que la gestion de l'eau ou des déchets en France.

Ce dimanche 3 novembre, les Berlinois sont donc appelés aux urnes, pour un référendum d’initiative populaire. La question: le réseau électrique de la ville doit-il revenir entre les mains de ses habitants?

Une "re-communalisation" de l'électricité

L’association "Energietisch", qui rassemble une cinquantaine de groupes populaires et écologistes, milite en effet pour la création d’un service municipal d’électricité et la prise en charge du réseau.

Pour le moment, c’est le groupe suédois Vattenfall qui assure la distribution d’électricité pour la ville-état de Berlin. Dans les années 90, après la réunification, l’Allemagne avait, en effet, lancé de grandes campagnes de privatisation des services d’électricité.

Mais une partie des habitants souhaite désormais une gestion plus locale de leur courant. En septembre dernier, la ville de Hambourg, au nord de l’Allemagne, avait déjà pris la même décision. La municipalité va racheter la gestion de son réseau à Vattenfall.

Une menace pour les emplois du groupe?

L’enjeu financier est important, tant pour les communes que pour Vattenfall. En cas de victoire de l’initiative populaire, les villes-états doivent se porter candidates à l’appel d’offres pour la gestion du réseau électrique.

Or le Land de Berlin est déjà endetté à plus de 60 milliards d’euros. Reprendre en main la distribution électrique pèserait lourdement sur les finances publiques. La Chambre de commerce et d’industrie de la ville a déjà prévenu qu’en cas de "re-communalisation", Berlin restera déficitaire pour les 20 prochaines années, alors que la municipalité souhaite repasser dans le vert pour 2015.

Du côté de Vattenfall, on craint un nouveau revers après celui de Hambourg. La gestion du réseau électrique de Berlin, qui couvre 3,4 millions de foyers, rapporte en effet entre 80 et 100 millions d’euros par an à la société, soit autant que la vente du courant en lui-même. Les 4.500 salariés de Vattenfall dans le pays s’inquiètent, eux aussi,des répercussions sur leurs emplois.

Audrey Dufour