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Bagnolet se chauffe au bois

Le premier feu a été allumé cette semaine dans la chaufferie de Bagnolet. Le site alimenté à 57% par du bois sera opérationnal dans quelques semaines.

Le premier feu a été allumé cette semaine dans la chaufferie de Bagnolet. Le site alimenté à 57% par du bois sera opérationnal dans quelques semaines. - Cofely Réseaux

Les réseaux de chaleur, qui alimentent en eau chaude les logements collectifs, doivent utiliser dès cette année 50% d'énergies renouvelables. L'une des plus importantes chaufferies d'Ile-de-France, celle de Bagnolet vient de passer au bois.

Quelques flammes éclairent soudain le cœur de l'une des deux chaudières de la chaufferie des Roses de Bagnolet (Seine-St-Denis). Le premier feu a été allumé officiellement cette semaine. D'ici la fin de l'été, ce site sera pleinement opérationnel . En bout de chaîne, 15.000 logements alimentés par les 20 kilomètres de réseau souterrain. Pour les habitants, c'est un gain important car ils peuvent dans ces conditions bénéficier de la TVA à taux réduit de 5,5%.

Oubliés le charbon et le fioul, place au gaz et surtout au bois qui va alimenter 57% de la chaufferie. Cette dernière mise au point avec Cofely Réseaux est bel et bien le symbole de la transition énergétique. Le site tourne progressivement la page des énergies fossiles les plus polluantes.

La reconversion s'est faite par étapes. Le chaufferie charbon qui fonctionnait depuis 1985 a d'abord été démantelée. Le fioul a ensuite été remplacé par le gaz naturel. Ce sont deux chaudières à gaz de 30 Mw qui ont été mises en place en 2013. Puis deux chaudières au bois d'une puissance de 10 Mw chacune ont été installés. Le bois vient des régions avoisinantes, pas plus de 150 kilomètres à la ronde. 38.000 tonnes de bois seront ainsi approvisionnées chaque année.

Efficacité énergétique

Cette conversion a un coût: 25 millions d'euros dont 18 millions rien que pour la chaufferie. L'Ademe a accompagné le projet via son Fonds chaleur à hauteur de 1,9 million d'euros. Le conseil régional a apporté un million d'euros. Cette chaufferie est un atout pour la ville mais doit aussi respecter les riverains. Ses deux cheminées se voient d'ailleurs depuis le périphérique.

Les habitants du quartier ont donc été consultés notamment sur la couleur de la façade ou encore la clôture. Le site qui est en cours d'achèvement ne va pas excéder 16 mètres de haut. C'est une structure béton qui résiste au moins 4 heures au feu qui a été élevée tout autour.

Par grand froid, une dizaine de camions va à tour de rôle alimenter la chaufferie. Ils ne circuleront que de 8h à 17h pour ne pas gêner le trafic. Le site n'est pas seulement optimisé. Il doit contribuer à améliorer l'efficacité énergétique. C'est pourquoi tout le réseau va passer progressivement en basse température, moins de 110 degrés afin d'optimiser son rendement.

Le bilan en termes environnemental est encourageant: près de 24.000 tonnes d'émissions de CO2 seront ainsi évitées. Utiliser 4 tonnes de bois énergie permet de ne pas consommer une tonne de pétrole.

Nathalie Croisé