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Areva: l'EPR chinois, dernier lancé, premier arrivé?

Les deux derniers réacteurs mis en chantier dans le monde, à Taishan en Chine, devraient finalement être les premiers mis en service.

Les deux derniers réacteurs mis en chantier dans le monde, à Taishan en Chine, devraient finalement être les premiers mis en service. - PETER PARKS - AFP

Des quatre EPR en construction actuellement dans le monde, c'est finalement ceux de Taishan, dont le chantier a commencé en dernier, qui devraient être mis en service en premier.

Les derniers seront les premiers. Areva a annoncé ce lundi que son réacteur finlandais de nouvelle génération serait mis en service en 2018, neuf ans plus tard que prévu. Du coup, la centrale nouvelle génération de Taishan, en Chine, lancée un an après l'EPR français de Flamanville, et trois ans après celui d'Olkiluoto en Finlande, devrait être la première mise en service.

Quatre EPR sont actuellement en construction dans le monde, sur trois sites différents. Le premier chantier à s'être ouvert est celui de Finlande. Areva s'est lancé sur ce projet avec l'Allemand Siemens en 2005. Pour la première fois, le leader nucléaire devient spécialiste de la gestion intégrée en signant pour livrer clés en main un réacteur de nouvelle génération. 

200 corps de métier pour un chantier

Il appellera finalement EDF à l'aide sur ce projet d'une ampleur inédite, où 200 corps de métiers travaillent simultanément, et qui rencontre de nombreux obstacles techniques. L'industriel évoque une évolution du design de la chaudière, de l'ingénierie supplémentaire pour tester la robustesse de certaines pièces, l'intégration de nouvelles normes après Fukushima. Les retards et les surcoûts s'enchaînent, la facture initiale double. La centrale devait initialement tourner en 2009; sa livraison a d'abord été repoussée à 2015, et enfin à 2018.

Même l'EPR normand de Flamanville devrait être livré plus tôt. Ce réacteur-là utilise la technologie d'Areva, mais c'est EDF qui en gère la construction. Au début du projet, en 2007, le Français est associé avec l'Italien Enel. Le partenaire transalpin jette l'éponge en 2013, après l'annonce d'un énième surcoût. La centrale normande, qui devait à l'origine coûter 3,3 milliards d'euros, reviendra finalement à… 8,5 milliards. Son démarrage, prévu pour 2012 au lancement du projet, n'interviendra en définitive que courant 2016, au mieux.

40 mois d'avance

Restent les deux réacteurs de Taishan, en Chine, sur lesquels travaillent EDF, Areva, et un opérateur local, le Chinois China Guangdong Nuclear Power Holding Corp (CGNPC). La construction n'a débuté qu'en 2008, pour un rendu prévu fin 2013. La deadline a bien été repoussée, à deux reprises, au printemps 2014, puis à juin 2015 pour la première unité, septembre pour la seconde.

Quand bien même, selon le calendrier actuel, le premier réacteur devrait être raccordé au réseau un an avant celui de Flamanville, et trois ans avant celui d'Olkiluoto! Un paradoxe qui n'en est pas un pour Areva: la centrale de Taishan a pu bénéficier des retours d'expérience des deux têtes de séries finlandaise et française. Ainsi, se félicite le fleuron du nucléaire, "le projet a gagné 40 mois dans sa réalisation".

Nina Godart