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"Areva est dans une situation fragile, et il faut accepter de tout remettre à plat"

Pour Jean-Bernard Lévy, EDF a besoin d'un Areva fort.

Pour Jean-Bernard Lévy, EDF a besoin d'un Areva fort. - Eric Piermont - AFP

Pour Jean-Bernard Lévy, PDG d'EDF, "il y a une logique industrielle à ce qu'EDF prenne le contrôle de l'activité réacteurs d'Areva".

Jean-Bernard Lévy s'explique. Le PDG d'EDF défend "la logique industrielle" d'une prise de contrôle majoritaire de l'activité réacteurs du groupe nucléaire Areva, dans un entretien au Figaro publié ce mardi. "Aujourd'hui, Areva est dans une situation fragile, et il faut accepter de tout remettre à plat", explique Jean-Bernard Lévy.

"Nous y avons intérêt parce qu'EDF a besoin d'un Areva fort, sur l'ensemble des prestations, et parce que le gouvernement nous en a, logiquement, fait la demande." "Il y a un domaine d'Areva que nous connaissons très bien, c'est celui des réacteurs: nous sommes le premier exploitant au monde par la capacité installée", poursuit-il, estimant qu'il "y a donc une logique industrielle à ce qu'EDF prenne le contrôle de cette activité réacteurs, qui correspond au périmètre de l'ancien Framatome".

Areva NP regroupe la conception, la fabrication et la maintenance des réacteurs nucléaires. "L'alliance EDF-FRamatome, il y a 20 ans, a apporté à la France ses plus grands succès à l'exportation", rappelle-t-il. "En revanche, s'agissant des autres métiers d'Areva, n'étant ni exploitants miniers, ni géologues, ni chimistes, nous n'avons pas de rôle industriel à jouer."

Des propositions dans quelques jours

Le PDG d'EDF annonce que des propositions seront faites "dans quelques jours" à Areva et au gouvernement. "La transaction ne peut se faire qu'à un prix de marché. Et elle doit prévoir des garanties pour qu'EDF ne soit pas exposé aux risques liés au passé d'Areva, notamment en Finlande", juge-t-il. "La proposition ambitieuse d'EDF respecte et préserve les compétences techniques de l'activité réacteurs d'Areva, et ouvre la voie à des alliances avec des tiers, des partenaires industriels, français ou étrangers", précise-t-il encore.

Alors que le groupe Areva, détenu à près de 87% par des capitaux publics, a annoncé le 7 mai la suppression de 5.000 à 6.000 emplois dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France, dans le cadre d'un plan de redressement, Jean-Bernard Lévy formule également "une proposition alternative" : "le rapatriement chez EDF des 1.200 ingénieurs qui sont au quotidien les partenaires des ingénieurs d'EDF concernant la conception et les calculs de sûreté des réacteurs français."

"C'est à l'Etat, actionnaire majoritaire d'EDF, et à Areva de décider", conclut-il. Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui doit recevoir les syndicats du groupe nucléaire le 22 mai, a estimé dans une interview à l'Usine nouvelle mise en ligne lundi que "l'organisation la plus efficace" de la filière nucléaire française passe par "de nouveaux liens commerciaux entre EDF et Areva". Il a également assuré qu'aucun licenciement n'était envisagé en France au sein du groupe nucléaire.

D. L. avec AFP