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Défaillances : les entreprises dans le dur

De nombreuses banques dans le monde seraient en difficulté en cas de nouvelle crise financière

De nombreuses banques dans le monde seraient en difficulté en cas de nouvelle crise financière - Pixabay / Rawpixel

Altares a dévoilé son étude sur les défaillances des entreprises en 2018. Si le chiffre global est plutôt bon (-1%), il masque un fort rebond des faillites dès le milieu de l’année.

Pour la troisième année consécutive, le nombre de défaillances d’entreprises baisse en France, selon la dernière étude publiée par Altares, expert de l’information sur les entreprises. En 2018, 54 600 faillites ont été enregistrées (-1%). Un score pourtant loin du fameux seuil des 50 000 défaillances, dépassé lors de la crise des subprimes en 2007, et qui pouvait raisonnablement être atteint l’année dernière. « La conjoncture a déjoué les plans » résume Altares dans son communiqué.

La faute à une fin d’année difficile. Si les 2 premiers trimestres restaient favorables (respectivement -9% et -2%), la courbe s’est inversée dès le 3ème trimestre 2018 (+6%). Le 4ème trimestre confirme ce changement de trajectoire (+4,2%). « Lorsque s’amorce le mouvement des ‘gilets jaunes’ en novembre, les entreprises sont donc déjà fragilisées par des trésoreries sous tensions depuis plusieurs semaines » souligne Thierry Million, directeur des études.

Selon l’étude, la crise des ‘gilets jaunes’ a ainsi empêché de petites entreprises de se rattraper à la faveur des fêtes de fin d’année. « Les perturbations ont pu donner le coup de grâce à certains commerces » poursuit Thierry Million. D’autres ont été sérieusement fragilisés et leur disparition pourrait être actée en janvier ou février car elles disposent d’un délai légal de 45 jours pour déclarer une cessation de paiement.

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Dans le détail, la plupart des secteurs ont souffert, en cette fin d’année. L’industrie manufacturière a ainsi subi une hausse de 27,9% des défaillances au 4ème trimestre même si ce chiffre est largement amplifié par la centaine de liquidations judiciaires qui ne concernent, en fait, qu’un seul acteur.

Le commerce a aussi enregistré un recul des défaillances sur l’année (-3,7%) mais une hausse sur le dernier trimestre (+2,2%). Ce sont les détaillants qui sont particulièrement concernés (+4% au T4) tandis que les grossistes s’en sortent mieux (-6% au T4).

Enfin, toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne. Si la région PACA, l’Occitanie, la Bretagne et la Corse restent dans le vert, tout le long de l’année, ce n’est pas le cas des autres régions françaises. A commencer par l’Île-de-France qui enregistre une hausse de 5,6% des faillites sur l’année, exception faire de Paris (-3%).

Et l’année 2019 ne s’annonce pas meilleure, sur le plan national. « En 2019, voire en 2020, le PIB pourrait, au mieux, stagner aux environs de 1,5% comme en 2018. Dans ces conditions, les business vont se tendre, les trésoreries se resserrer et les conditions de paiement se durcir » souligne Thierry Million. « Cette année, 56 000 entreprises françaises pourraient connaître la défaillance ».