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Voici comment Hermès fabrique un bracelet montre

Le maroquinier de luxe dévoile dans une vidéo le travail d'orfèvre de ses artisans sur un bracelet montre à l'histoire plus que centenaire, écrin d'un bijou qui a fondé le destin de la marque au dieu ailé.

Hermès ouvre (parfois) ses coulisses. Quand elle organise l'opération "Hermès hors les murs", et embarque joailliers, gantiers et autres imprimeurs sur soie montrer leur savoir-faire au public. Ou avec des vidéos qui dévoilent le travail de ces petites mains dans leurs ateliers, entourées de cuirs somptueux et d'outils d'orfèvres. Dans la dernière du genre, on découvre comment est confectionné le bracelet très particulier d'une montre tout aussi spéciale: la "In The Pocket".

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- © Hermès

Cette montre est la toute première qu'ait jamais fabriqué l'ancien sellier devenu fleuron du luxe qui a dépassé cette année les 5 milliards d'euros de ventes. Elle est la "pièce fondatrice qui allait sceller le destin d'horloger d'Hermès", souligne la marque. Semblant vouée à l'intemporalité dès sa création, avec son cadran noir, ses chiffres épurés et ses aiguilles bâton, elle dénote aujourd'hui par sa sobriété.

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- © Hermès

Cette montre "oignon", censée à l'origine se glisser dans la poche, a pu s'attacher au poignet grâce à l'ingéniosité et la vision d'un des héritiers de la famille fondatrice. Avec un bracelet dont l'histoire remonte à plus d'un siècle. À 1912 précisément, quand Jacqueline Hermès, encore enfant, reçoit de son père un "porte-oignon", un bracelet fait pour accueillir le cadran en son sein. Ainsi, la jeune cavalière peut monter ses canassons, sans risquer de perdre le précieux bijou.

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- © Hermès

Un siècle plus tard, la réputation d'horloger de la griffe du Faubourg Saint Honoré n'est plus à faire. En 2012, la montre à gousset est rééditée, baptisée "In The Pocket", et déclinée en or rose. Le bracelet qui peut ou non se porter avec, réapparaît lui en veau rouge, la nuance H emblématique de la Maison.

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- © Hermès

Le porte-oignon est toujours minutieusement confectionné par les artisans des ateliers suisses de la marque. "Un long et patient travail manufacturier" pour assembler les trois épaisseurs de cuir qui composent l'ensemble, couper, fendre, tremper les peaux. Puis les mouler, les sécher, les découper à nouveau, les poncer, les coller, les coudre, les perforer selon un savoir-faire ancestral. Et enfin marteler la couture, fileter, teindre et astiquer les bords à la cire d'abeille. Des semaines de travail pour donner vie à un objet aussi actuel qu'ancré dans la tradition.

Nina Godart