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Un rapport accuse Mathieu Gallet d'irrégularités à la tête de l'INA

Le jeune PDG a un recours intensif aux consultants

Le jeune PDG a un recours intensif aux consultants - Bertrand Guay AFP

Le Canard enchaîné fait état d'une note de Bercy pointant des "irrégularités" dans les dépenses de conseils de celui qui a dirigé l'INA de 2010 à 2014 avant de prendre la présidence de Radio France.

Le Canard enchaîné persiste et signe. Le 1er avril, l'hebdomadaire avait épluché les dépenses de conseil engagées par Mathieu Gallet lorsqu'il était à la tête de l'INA (Institut national de l'audiovisuel) de 2010 à 2014. Le jeune patron, aujourd'hui à la tête de Radio France, avait alors annoncé le dépôt d'une plainte contre des "propos diffamatoires" et des "informations mensongère".

Dans son édition du mercredi 6 mai, le palmipède présente ses preuves, à savoir une note rédigée par un service de Bercy, le contrôle économique et financier, précisément par le contrôleur présent à l'INA, Alain Simon.

"Dysfonctionnements et irrégularités"

Cette note relève des "dysfonctionnements et irrégularités" dans les marchés passés pour des prestations de conseil d'un total de 1,2 million d'euros. Selon l'hebdomadaire, Mathieu Gallet pourrait donc se retrouver poursuivi devant la cour de discipline budgétaire.

Précisément, la note épingle plusieurs contrats de conseil qui auraient dû, selon les textes, être mis en concurrence. Or deux contrats "ne paraissent pas avoir respecté la procédure", à en croire la note. Précisément, iI s'agit de contrats avec la société de coaching Chrysalis (55.000 euros) et avec le cabinet de Bernard Spitz (119.000 euros).

"Contrats problématiques"

Mais ce n'est pas tout. La note juge "plus problématique" les contrats passés avec le communicant Denis Pingaud, d'abord lorsqu'il travaillait à Opinion Way (116.850 euros) puis lorsqu'il créa sa propre société Balises (130.00 euros). Selon Le Canard enchaîné, Mathieu Gallet serait "suspecté" d'avoir découpé ces contrats en plusieurs tranches afin de rester sous le seuil de mise en concurrence. 

Selon la note, d'autres contrats ont respecté les procédures, notamment ceux avec Roland Berger (240.000 euros) et Publicis Consultants (368.000 euros).

Mardi soir, la porte-parole de Mathieu Gallet se refusait à tout commentaire. Le 1er avril, elle avait assuré que tous les contrats avaient été passés "selon les procédures en vigueur". 

Coup de pied de l'âne, Le Canard enchaîné rappelle aussi que le jeune PDG a dépensé 138.209 euros pour décorer et rénover ses deux bureaux.

Jamal Henni