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De l'Ina à Radio France, Mathieu Gallet et ses coûteux consultants

Le PDG Mathieu Gallet a demandé au cabinet américain Bearing Point d'auditer la production des émissions de radio

Le PDG Mathieu Gallet a demandé au cabinet américain Bearing Point d'auditer la production des émissions de radio - Bertrand Guay AFP

A l'Institut national de l'audiovisuel, le jeune PDG faisait déjà un usage intensif des consultants. A la tête de Radio France, il a fait de nouveau appel au communicant Denis Pingaud, mais aussi à Bearing Point.

Ce mercredi 25 mars, Le Canard Enchaîné en a remis une couche au sujet de Mathieu Gallet. L'hebdomadaire a révélé que le PDG de Radio France avait conclu dès son arrivée un contrat de conseil avec le communicant Denis Pingaud, rémunéré 90.000 euros par an.

La direction des radios publiques a rétorqué que ce contrat sera "mis en concurrence au bout d'un an", soit en juin 2015. Elle ajoute que ce contrat "remplace deux contrats de conseil d'un montant équivalent" conclus par le précédent PDG Jean-Luc Hees.

Une affirmation contestée par un membre de l'équipe Hees: "Jean-Luc Hees n'a jamais eu de conseil en communication. Sous sa présidence, il n'y avait que deux contrats de conseil: l'un avec Roland Cayrol pour les relations institutionnelles, l'autre avec Ivan Levaï pour la revue de presse -contrat qui avait été conclu sous le PDG précédent Jean-Paul Cluzel".

Un audit mené par Bearing Point

Mais ce n'est pas le seul contrat de conseil qu'a conclu le jeune PDG. Selon des sources internes, il a aussi confié au cabinet américain Bearing Point un audit de la production interne des émissions. Interrogée, la direction répond que ce contrat a été attribué après appels d'offres, mais ne communique pas son montant. 

Utilité discutable

Le recours a des conseils extérieurs fait partie des habitudes de Mathieu Gallet. Il y a eu recours de manière intensive lorsqu'il était PDG de l'INA (Institut national de l'audiovisuel) sur des sujets dont l'utilité n'apparaît pas cruciale... 

Ainsi, Opinion Way (dont Denis Pingaud était alors vice-président exécutif) s'est vu commander en 2011 une étude sur "l'image de l'INA et l'audience de son site internet", indiquait la porte-parole de Mathieu Gallet il y a un an. Selon Le Canard Enchaîné, ce contrat s'élevait à 60.000 euros par an. Mathieu Gallet a aussi confié en 2013 à Publicis Consultants "une mission d’audit sur la présence de l’INA sur les réseaux sociaux", toujours selon sa porte-parole. 

Mais le PDG avait aussi eu recours à des cabinets de conseil sur des sujets plus centraux. Ainsi, l'allemand Roland Berger fut chargé de réfléchir à la stratégie et à la gouvernance. Un autre allemand, Simon Kucher, a planché sur les nouveaux tarifs de vente d'archives de l'INA, qui finalement rapportèrent moins d'argent qu'auparavant. Le français Ipsos fut mandaté sur les documentalistes, et Empreinte Humaine s'est occupé des ressources humaines...

"Les consultants, ce n'est pas mon truc"

Ce recours intensif à des prestataires privés a été vivement critiqué par le nouveau PDG de l'INA, Agnès Saal: "Les consultants, ce n'est pas mon truc. Sur la stratégie ou la réorganisation, j'ai les idées claires. Et je ne suis pas une fanatique des changements d'organigramme. (La réduction des consultants) va être une source d'économies non négligeable", assurait en octobre le successeur de Mathieu Gallet. 

Denis Pingaud, faiseur de rois?

Le communicant Denis Pingaud semble se spécialiser dans le coaching des dirigeants de l'audiovisuel public. Après avoir aidé -avec succès- Mathieu Gallet à préparer sa candidature à la présidence de Radio France, cet ancien d'EuroRSCG conseillerait aujourd'hui Delphine Ernotte (patronne d'Orange France) dans sa candidature à la présidence de France Télévisions, selon La lettre de l'Expansion.

Jamal Henni