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Thomas Cook cherche 200 millions pour éviter une faillite retentissante

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- - TOLGA AKMEN / AFP

Le voyagiste britannique, en grande difficulté, cherche encore 200 millions de livres pour assurer sa restructuration. Sans quoi, il pourrait être contraint de déposer le bilan ce wee-kend, laissant en plan quelque 150.000 touristes.

Le compte à rebours est lancé pour Thomas Cook. La plus ancienne agence de voyage du monde, fondée au milieu du 19e siècle, a reconnu vendredi être à la recherche de 200 millions de livres pour financer son plan de restructuration. Et cela devient urgent: selon la presse britannique, le dépôt de bilan pourrait être annoncé ce week-end, si la somme n'est pas trouvée.

En tout, Thomas Cook doit trouver plus d'un milliard de livres pour sauver sa peau. En juillet dernier, le voyagiste avait annoncé des "discussions avancées" de recapitalisation avec ses banques et son principal actionnaire, le chinois Fosun (actuel propriétaire de Club Med). Ce dernier, qui détient déjà 17% du capital de Thomas Cook, devrait, à terme, acquérir 75% de l'activité centrale de tour-opérateur, ainsi que 25% de sa compagnie aérienne, contre la somme de 450 millions de livres.

De l'autre côté, les créanciers, et notamment les banques Royal Bank of Scotland, Barclays et Lloyds, vont injecter 450 millions de livres reprendre 75% de la compagnie aérienne et 25% de l'activité de tour-opérateur en échangeant leur créances contre des actions.

150.000 touristes concernés

Thomas Cook, dont la dette s'élève à 1,2 milliard de livres, espérait boucler le plan d'ici octobre mais cette nouvelle annonce met clairement à mal les espoirs de sauver le groupe. Dans ce contexte, ce sont 150.000 touristes qui pourraient être laissés en plan du jour au lendemain, bien plus que les 110.000 voyageurs concernés par la faillite de Monarch Airlines en 2017. Selon la BBC, les coûts de rapatriement pourraient s'élevée jusqu'à 600 millions de livres pour le gouvernement britannique.

De l'autre côté de la Manche, la polémique enfle sur la responsabilité des banques RBS et Lloyds, qui avaient elles-mêmes été renflouées lors de la dernière crise financière par l'Etat.

"Il est consternant que ces banques qui ont été sauvées par le contribuable ne montrent aucune fidélité envers une grande entreprise britannique, Thomas Cook, quand elle a besoin d'aide", a déclaré Brian Strutton, le secrétaire général du syndicat de pilotes britannique.

À la Bourse de Londres, le cours de Thomas Cook a connu une chute vertigineuse, perdant à mi-journée, près de 15% de sa valeur, soit une perte des neuf dixièmes de sa valeur depuis le début de l'année.

Un secteur dans le rouge

Thomas Cook, qui emploie 22.000 personnes dans le monde dont 9.000 au Royaume-Uni, avait déjà frôlé la faillite en 2011 mais n'a jamais su redresser la barre, face à une concurrence féroce des voyagistes en ligne. Ces dernières années, les incertitudes liées au Brexit et le prix du kérosène ont continué de plomber ses résultats.

Ses difficultés se retrouvent, en réalité, dans le secteur entier du tourisme où de nombreuses compagnies aériennes ont déjà déposé le bilan depuis un an. Le numéro un mondial du tourisme, TUI, a révisé à la baisse ses prévisions annuelles, impactées par les déboires du Boeing 737 MAX, tandis que la canicule de l'été a plombé les réservations.

Thomas Leroy, avec l'AFP