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Six candidats retenus pour la présidence de Radio France

Le mandat pourrait ne pas durer 5 ans mais s'arrêter courant 2019

Le mandat pourrait ne pas durer 5 ans mais s'arrêter courant 2019 - Radio France - Christophe Abramowitz

"Huit candidatures ont été déposées, dont deux poids lourds: Sibyle Veil (actuelle numéro 2 de Radio France) et  Christophe Tardieu (CNC)."

Le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) a publié mercredi 21 mars la liste des candidatures retenues pour la présidence de Radio France, pour succéder à Mathieu Gallet, démis il y a deux mois.

Deux poids lourds se distinguent. D'abord, la candidature surprise de Christophe Tardieu, n°2 du CNC (Centre national du cinéma), candidature qui serait vue d'un bon oeil par le ministère de la Culture. Christophe Tardieu a notamment travaillé avec Christine Albanel au château de Versailles puis au ministère de la Culture, où il recruta comme conseiller ministériel un certain Mathieu Gallet, avec qui il garda de bons rapports par la suite... Après le départ de Christine Albanel de la rue de Valois, il a rejoint l'inspection des finances, son corps d'origine, avant d'être nommé directeur adjoint de l'Opéra de Paris, puis directeur général délégué du CNC (Centre national du cinéma). Cette dernière nomination suscita la fureur de la ministre de la Culture de l'époque, Aurélie Filippetti, qui le jugeait trop marqué à droite.

Autre poids lourd: Sibyle Veil, directrice déléguée de Radio France chargée des finances et des opérations. Enarque, âgée de 40 ans, elle a été conseillère de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, a travaillé aux Hôpitaux de Paris, avant d'être recrutée mi-2015 par Mathieu Gallet. C'est aussi une proche du couple Macron: elle et son mari Sébastien Veil sont de la même promotion qu'Emmanuel Macron à l'ENA. Enfin, c'est une solution de continuité par rapport à l'équipe en place, qui la soutient. Elle présenterait sa candidature en ticket avec Laurent Guimier, directeur des antennes et des contenus. Mathieu Gallet lui-même avait souhaité que son successeur vienne de l'interne: "Je serais heureux que quelqu'un de mon équipe se présente devant le CSA", a-t-il déclaré au Figaro.

Candidatures de témoignages

Suivent quatre autres candidatures, qui pourraient n'être que de témoignage face à ces deux poids lourds:

François Desnoyers (ancien directeur général délégué de Radio France)
Bruno Delport (directeur général de TSF Jazz)
Jérôme Batout (directeur général de Publicis Media et ancien conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon)
Guillaume Klossa (directeur de l'UER, qui avait aussi été candidat à France Télévisions en 2015)

Le CSA indique avoir rejeté deux autres candidatures, jugées non recevables, sans donner leurs noms. Mais figure parmi elles le trio d'humoristes Charline Vanhoenacker, Alex Vizorek et Guillaume Meurice qui officie sur France Inter.

Ceux qui ne sont finalement pas candidats

Plusieurs noms de candidats potentiels avaient circulé, dont deux autres dirigeants actuels des radios publiques: Sandrine Treiner (directrice de France Culture) et Eric Revel (directeur de France Bleu mais ce dernier avait qualifié cela de "fake news").

Les noms d'anciens de la maison ont aussi circulé. Comme Olivier Poivre d'Arvor, actuellement ambassadeur en Tunisie, qui fut directeur de France Culture de 2010 à 2015, date à laquelle il a été remercié par Mathieu Gallet (mais il avait démenti sur Twitter). Ou Bruno Patino son prédécesseur à France Culture, aujourd'hui directeur éditorial à Arte France (interrogé, l'intéressé répond: "je ne suis candidat à rien").

Ou encore Denis Olivennes, président du directoire de Lagardère Active, qui a dirigé Europe 1 de 2010 à 2017 avec des résultats mitigés (contacté, il botte en touche: "Radio France est une très belle maison, je ne doute pas qu'il y aura pléthore de candidats de talent"). Ou bien Roch-Olivier Maistre, conseiller maître à la Cour des comptes, dont le nom était avancé par le Journal du Dimanche

Enfin, plusieurs personnalités avaient indiqué ne pas être candidats, comme Christopher Baldelli (président du directoire de RTL France); David Kessler (directeur de France Culture entre 2005 et 2008, actuellement directeur des contenus d'Orange); Marie-Christine Saragosse (ex-patronne de France 24 et RFI); Jean-Noël Tronc (directeur général de la Sacem); Claude Perrier (ancien directeur de France Bleu); ou Martin Ajdari (directeur général des médias et des industries culturelles au ministère de la Culture).

Pape de transition

L'heureux élu sera nommé le 14 avril au plus tard. En théorie, il sera nommé pour cinq ans. Mais il ne devrait probablement pas aller au bout de son mandat, et être débarqué avant -sans doute courant 2019. En effet, la ministre de la culture Françoise Nyssen souhaite nommer un président unique pour tout l'audiovisuel public, indiquait le Monde samedi 17 février. Autrement dit, le nouveau PDG ne sera qu'un pape de transition. Mais, inversement, ce mandat écourté pourrait aussi servir de tremplin à une candidature à cette présidence commune.

Quoiqu'il en soit, la publicité des candidatures et la perspective d'un mandat écourté explique sans doute le faible nombre de candidatures.

Jamal Henni