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Saint Laurent sommé de retirer des affiches de pub jugées "dégradantes"

L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité a reçu une centaine de plaintes à propos de la dernière campagne d'affichage orchestrée par Saint Laurent. Elle demande à la maison de couture de les retirer au plus vite.

Mauvais buzz sur les réseaux sociaux concernant une campagne de pub de la maison de couture Saint Laurent. Deux affiches sont pointées du doigt depuis plusieurs jours par des internautes, qui les qualifient de "dégradantes" et de "choquantes" pour l'image de la femme.

Sur l’une des photos, une femme apparaît jambes écartées, en culotte et collants résille, rollers à talons aux pieds. Sur la seconde, une jeune femme extrêmement maigre, toujours sur patins à roulettes-talons aiguilles, apparaît de profil, penchée sur un tabouret dans une position jugée explicite.

À quelques jours du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la campagne a été épinglée sur Twitter à travers le hashtag "YSL Retire Ta Pub Dégradante. Plusieurs associations féministes ont prévu des actions devant les boutiques de la marque ce mardi. Et une centaine de plaintes, dont beaucoup provenant de particuliers, ont été déposées auprès de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

Cette autorité chargée de réguler la publicité a d'ores et déjà demandé à la marque, propriété du groupe Kering, "d'apporter des changements à ces visuels aussi vite que possible". Mais son directeur général, Stéphane Martin, dit n'avoir reçu aucun retour ce mardi, alors que la direction de la marque est sommée de venir s'expliquer devant le jury de déontologie publicitaire vendredi. La maison de couture ne donne pas plus d'explication à la presse. Personne n'était joignable chez Saint Laurent pour répondre aux question à ce sujet.

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YSL est coutumier des polémiques. En 2015, une de ses campagnes avait été interdite au Royaume Uni au motif que la mannequin sur l'image semblait "maladivement maigre" (photo ci-dessus). Yves Saint Laurent lui-même a toujours aimé le sulfureux. Mais c'était plutôt pour casser les codes entre les genres. En 1971, le fondateur de la maison de couture, pose nu devant l'objectif de Jeanloup Sieff pour dévoiler son premier parfum "Pour Homme". La campagne pour YSL Rive gauche, où une Kate Moss en smoking déjeune sur l'herbe avec deux mannequins hommes nus, a effarouché, dans une moindre mesure, à son époque.

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Anthony Vacarello, directeur de la création et de l’image de la maison Saint Laurent arrivé en 2016, avait pour sa part fait s'embrasser deux mannequins femmes pour sa campagne printemps-été 2017. "impossible de contenter tout le monde" a-t-il coutume de répondre aux critiques, arguant lui aussi de la tradition inculquée par le fondateur de la marque: "Chez Saint Laurent, il n’y a pas de compromis, il était lui-même assez polémique. Bien sûr, je préférerais que les gens aiment mais en tout cas, si c’est lisse, ce sera raté car le lisse, ce n’est pas Saint Laurent".

Cette campagne a été shootée par le duo de photographes néerlandais Inez and Vinoodh, photographes néerlandais, qui avaient déjà fait le teasing de la première collection d'Anthony Vaccarello. Leur style? Pour le moins sexy. Quant à la maison Saint Laurent, elle a toujours soutenu ses créateurs. D'ailleurs dans une interview récente à la presse italienne, la directrice générale Francesca Bellettini s'est félicité du travail d'Anthony Vaccarello, même si elle estime que la marque peut encore faire mieux que les 25% de croissance de l'an dernier.

Karine Vergniol, édité par N.G.