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Publicité: France Télévisions veut assouplir les règles

Lundi après-midi, la direction a précisé les propos tenus le matin dans "Les Echos"

Lundi après-midi, la direction a précisé les propos tenus le matin dans "Les Echos" - -

La publicité va-t-elle faire son retour le soir sur la télévision publique? Dans une interview aux "Echos", Rémy Pflimlin, le président de France Télévisions estime que la question "doit être à nouveau abordée". Car le groupe est au bord de l'asphyxie financière.

France Télévisions veut retrouver un peu d'oxygène, alors que l'Etat rogne sur ses dotations, et que les recettes publicitaires du groupe s'effondrent. La télévision publique souffre plus que le reste du secteur, car, en période de crise, les spots en prime time sont les plus recherchés par les annonceurs. France Télévisions a récolté 50 millions d'euros de moins que prévu en 2012.

Remy Pfimlin se veut pragmatique. "La question de la publicité doit être de nouveau abordée en évitant de se cristalliser sur la césure entre la journée et la soirée. Il y a plusieurs scénarios possibles pour consolider nos recettes commerciales, afin qu'elles ne s'effritent pas", a déclaré le PDG lundi 11 février aux Echos.

Plusieurs options

Lundi après-midi, la direction du groupe a précisé que Rémy Pflimlin "n'a pas demandé le retour de la publicité après 20h", mais propose "une approche plus nuancée: par exemple, commercialiser des écrans publicitaires autour d'épreuves sportives en prime time, ou distinguer l'approche en fonction de la ligne éditoriale des chaînes, par exemple entre une chaîne à vocation universelle et une chaîne éducative ou destinée aux enfants". Mais "ces réflexions n'ont pas pour objectif d'accroitre la part des recettes publicitaires de France Télévisions, mais pourraient contribuer à enrayer leur érosion continue depuis plus d'1 an: -20 % de baisse entre les budgets 2012 et 2013, soit beaucoup plus que les chaines historiques privées".

En pratique, plusieurs options sont sur la table: remettre la publicité le soir sur France 2; rétablir les spots sur les chaines publiques entre 20h et 21h; ou, par exemple, s'autoriser à vendre des écrans pendant des événements exceptionnels, comme les Jeux Olympiques.

Mais le gouvernement est plus prudent. Jean-Marc Ayrault ne veut pas bouleverser le marché publicitaire dans un contexte déjà difficile pour les médias. Matignon veut surtout que France Télévisions aille au bout de son plan d'économie, avant de réclamer de nouvelles recettes.

Simon Tenenbaum