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Publicis: le dauphin déchu porte plainte

L'ancien dauphin a été licencié

L'ancien dauphin a été licencié - Eric Feferberg AFP

Le départ de Jean-Yves Naouri tourne au vinaigre. L'ancien bras droit de Maurice Levy réclame d'importantes indemnités à la fois aux prud'hommes et devant le tribunal de commerce.

Depuis qu'il est à la tête de Publicis, Maurice Levy a épuisé nombre de dauphins potentiels. Dernier en date: Jean-Yves Naouri. En 2011, Maurice Levy assurait pourtant que cet X-Mines était "en excellente position dans la course". Mais finalement, en septembre dernier, après l'échec de la fusion avec Omnicom, Maurice Levy a décidé de jouer les prolongations jusqu'au printemps 2017, et annoncé le départ de Jean-Yves Naouri. 

Le dauphin licencié

Un départ qui ne se fait en rien à l'amiable. L'intéressé a été "licencié" après 21 ans de bons et loyaux services. Et Jean-Yves Naouri a décidé de riposter en portant récemment plainte contre Publicis à la fois devant les Prud'hommes et le tribunal de commerce de Paris.

En pratique, l'ex-directeur général adjoint réclame des indemnités qu'il n'a pas touché, et auxquelles il estime avoir droit. Précisément, Jean-Yves Naouri n'a touché que 507.778 euros d'indemnités de licenciement, correspondant, selon son ancien employeur, à la somme prévue par la convention collective de la publicité. 

Pas de golden parachute

En revanche, il n'a pas touché le parachute doré prévu dans son contrat. Ce golden parachute s'élevait à une année de rémunération, y compris le montant maximal de son bonus variable. Soit 1,6 million d'euros, si l'on se réfère aux derniers salaires bruts versés à Jean-Yves Naouri. Toutefois, ce parachute était soumis à deux conditions. D'abord, l'intéressé devait avoir rempli des conditions de performance. Ensuite, son employeur devait mettre fin à son emploi "sans juste motif". 

Ce parachute aurait aussi permis à Jean-Yves Naouri de conserver, après son départ, ses actions gratuites, et d'exercer ses stock options. Par exemple, il devait toucher 44.858 actions gratuites s'il était toujours en poste dans l'entreprise. En outre, il détenait aussi à son départ 69.301 stock options non exercées. Toutefois, il a vendu la majorité de ses actions Publicis avant de partir (pour l'essentiel quatre jours avant la fin de ses fonctions), récoltant ainsi au total 8,4 millions d'euros.

Tentatives d'accord amiable

Précisons que si Jean-Yves Naouri a saisi le tribunal de commerce, c'est que cette juridiction est compétente pour ce qui relève des mandats sociaux. Et en l'espèce, l'ex-bras droit était à la fois membre du directoire de Publicis Groupe, président de la filiale Re:sources France, et PDG d'une autre filiale, Publicis Technology (devenu Publicis La Maison).

A noter que Publicis a mené courant 2014 avec Jean-Yves Naouri de longues discussions pour tenter -mais en vain- de trouver un accord amiable: elles se sont étalées au moins de mars à septembre. 

Par ailleurs, Jean-Yves Naouri ne bénéficiait pas de retraite chapeau, et n'avait pas signé de clause de non concurrence. Après son départ, il a ouvert son cabinet de conseil, JYN Consulting.

Interrogé en octobre sur les conditions de départ de Jean-Yves Naouri, Publicis n'avait jamais répondu. De leur côté, l'avocat de Jean-Yves Naouri, Gilles Huvelin n'a pas souhaité faire de commentaires.

Jamal Henni