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"Netflix était très présent au marché du film de Cannes"

Netflix a notamment acheté les droits d'un dessin animé chinois

Netflix a notamment acheté les droits d'un dessin animé chinois - BFM Business

Si Netflix a été banni de la sélection officielle, le californien est quand même venu faire ses emplettes au marché du film qui se tient en parallèle du festival, explique son directeur délégué Jérôme Paillard.

BFMBusiness.com: Quel bilan tirez-vous de cette édition?

Jérôme Paillard: Nous enregistrons cette année 12.300 participants, soit autant que les 12.400 de l'an dernier. La présence chinoise a continué de progresser pour atteindre 700 personnes cette année, soit le quatrième pays derrière les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Ils ont acheté beaucoup de films. Trois pays avaient pour la première fois un pavillon dans le village international et ont été très actifs: l'Arabie saoudite, la Palestine et l'Ouzbekistan.

Mais le marché de la distribution indépendante est globalement plus difficile. Les dépenses sont donc serrées au maximum. Au final, les prix de vente des films terminés étaient plutôt en baisse. Quant aux préventes, elles ont été très difficiles pour les petits budgets, et au contraire ont atteint des prix élevés sur les gros projets, prix parfois même jugés déraisonnables.

Netflix et Amazon étaient absents cette année de la sélection officielle. Mais sont-ils venus au marché du film? 

Oui. Netflix et Amazon étaient très présents, avec respectivement 28 et 22 personnes. Ils ont acheté chacun quelques films terminés. Mais Netflix s'est surtout positionné plus en amont, sur des projets pas encore tournés. [Ndlr: Netflix a notamment acheté pour 30 millions de dollars les droits du dessin animé chinois Next gen]. Peut être cela reflète-t-il une nouvelle stratégie de leur part? Ce qui ne serait pas une très bonne nouvelle pour le marché traditionnel de la vente de droits.

Cette année, le festival a démarré un jour plus tôt, un mardi au lieu d'un mercredi. Cela a-t-il changé quelque chose pour le marché? 

Cela a été décidé par le festival, et le marché s'est aligné. L'objectif n'était pas de faire venir les gens un jour plus tôt. Il n'y a pas de raison que les gens restent plus longtemps avec ces nouvelles dates, et d'ailleurs beaucoup n'ont rien changé. Peut être que certaines personnes sont restées un peu moins.

Cette année, vous avez organisé plusieurs conférences sur l'intérêt de la blockchain pour la filière. Pourquoi?

Cette technologie peut avoir de multiples applications. Nous mêmes, à travers notre site Cinando, l'utilisons pour proposer deux services: un pour le sous titrage des films; l'autre pour sécuriser les contrats de cession de droits. En effet, dans la plupart des pays du monde, il n'y a pas comme en France un registre public où sont déposés les contrats liés à un film, et la contestation est donc assez facile. La blockchain permet de répondre à ce problème.

Pourquoi le festival est-il mécontent du prix des hôtels? 

Le prix des hôtels pose deux problèmes. D'abord, leur prix est beaucoup plus cher que dans d'autres villes accueillant des marchés du film, comme Berlin ou Los Angeles. Ensuite, Et on me dit que certains hôtels augmentent beaucoup leurs prix d'une année sur l'autre, sous divers prétextes. Résultat: de plus en plus de professionnels utilisent AirBnb, et j'espère que cela permettra de tirer les prix vers le bas.

Jamal Henni à Cannes