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Négociations de paix entre les Bettencourt et Stéphane Courbit

Stéphane Courbit espère trouver un accord avant l'ouverture de son procès, le 26 janvier 2015

Stéphane Courbit espère trouver un accord avant l'ouverture de son procès, le 26 janvier 2015 - Patrick Bernard-AFP

Des négociations avancées sont en cours sur un rachat des 20% détenus par les Bettencourt dans l'empire Courbit. Un accord pourrait être trouvé d'ici à un mois.

La famille Bettencourt pourrait bien recevoir un gros chèque pour Noël. Des négociations sont en cours en ce sens depuis quelques semaines avec Stéphane Courbit. L'homme d'affaires négocie en effet le rachat des 20% détenus par la famille Bettencourt dans l'empire Courbit.

Rappelons que ces 20% ont été achetés en 2011 pour 143,7 millions d'euros dans des conditions controversées, qui vaudront à Stéphane Courbit d'être jugé à partir du 26 janvier devant le tribunal correctionnel pour "abus de faiblesse" à l'encontre de Liliane Bettencourt. L'objectif de Stéphane Courbit est d'arriver à un accord avant l'ouverture de son procès. Ainsi, il veut montrer sa bonne volonté dans cette affaire, même si, judiciairement, cela n'enlèvera rien aux charges pesant sur lui.

En pratique, Stéphane Courbit proposerait aux Bettencourt un paiement essentiellement en cash. Il a d'ores et déjà réuni un financement mélangeant fonds propres et emprunts bancaires.

Plusieurs échecs passés

Le montant devrait être supérieur aux 143,7 millions d'euros apportés par les Bettencourt en 2011. En effet, Stéphane Courbit avait déclaré il y a un an aux Echos: "les Bettencourt sortiront en gagnant de l'argent. Je m'y engage".

Depuis que l'affaire Bettencourt a éclaté, des discussions pour une sortie des Bettencourt ont eu lieu à trois ou quatre reprises, mais ont toujours échoué. Ce nouveau round de négociations, qui a démarré il y a quelques semaines, pourrait aussi finir de la même façon, même si la volonté d'aboutir semble cette fois plus forte.

La difficulté pour Stéphane Courbit est qu'il a rapidement réinvestit l'essentiel des 143,7 millions d'euros apportés par les Bettencourt. Selon la Tribune, près de 50 millions d'euros ont servi à des acquisitions dans les jeux en ligne (dont Everest Poker), 20 millions ont servi à un rachat dans l'énergie (Poweo), 30 millions ont remboursé un emprunt contracté auprès de la banque Neuflize OBC, et 40 millions ont remboursé des avances en compte courant faites par Stéphane Courbit, notamment dans des donations familiales.

Payer en nature

Face à cette difficulté, Stéphane Courbit a d'abord cherché en 2011 de nouveaux investisseurs pour remplacer les Bettencourt, mais la tâche s'est vite avérée difficile face au scandale... Puis il proposé aux Bettencourt de les payer en nature, soit avec son hôtel des Airelles à Courchevel, soit avec des actions dans ses filiales audiovisuelles (Banijay) et dans l'énergie (Direct Energie). Mais à chaque fois, les discussions ont fini par capoter, malgré l'intervention de médiateurs.

Interrogé, l'avocat des Bettencourt, Didier Martin, n'a pas répondu. De son côté, la porte-parole de Stéphane Courbit indique: "les deux parties souhaitent bien sûr trouver un accord. Stéphane Courbit souhaite depuis longtemps trouver une solution au déblocage de l’opération, et il ne s’en est jamais caché, puisque différentes tentatives de médiation ont été proposées en ce sens". La porte-parole ajoute: "cette opération sera financée pour partie en fonds propres, et pour partie par emprunt grâce à l’appui des banques du groupe".

Jamal Henni