BFM Business

Marché de l'art: à la conquête de la Chine

Christie's obtient une licence pour travailler en Chine

Christie's obtient une licence pour travailler en Chine - -

Christie's a obtenu, mardi 9 avril, une licence afin de mener des enchères à Shanghai, sans partenaire local. Une bonne nouvelle pour la maison de vente qui se doit d'être présente sur ce marché incontournable.

Grande première dans le marché de l'art. Christie's a obtenu, en début de semaine, l'autorisation pour mener seul des enchères à Shanghai, sans partenaire local. Sa principale concurrente, Sotheby's, est elle associée à la société d'Etat chinoise GeHua.

Et la Chine est véritablement le marché à conquérir. En 2011, le pays est devenu numéro un mondial du marché des produits d'art et des antiquités, avec des gains qui ont bondi de plus de 30%. Et si en 2012, le chiffre d'affaires des produits d'art sur le marché chinois a chuté de 24% à 10,6 milliards d'euros, la Chine arrive quand même en deuxième place, derrière les Etats-Unis.

De plus, ce n'est pas seulement la Chine qui a connu une baisse en 2012. Selon "rapport des marchés d'art du monde TEFAF 2013", dans un contexte où l'économie mondiale est au ralenti et des facteurs économiques incertains, "le marché des produits d'art et des antiquités sur le plan mondial connaît une baisse de 7%, avec un chiffre d'affaires total de 43 milliards d'euros".

Montée en puissance de l'Inde

Thierry Ehrmann, PDG d'Artprice, leader mondial de l'information sur le marché de l'art, notait dans un entretien à Challenges que plusieurs raisons expliquaient cette percée de la Chine. Tout d'abord, la mentalité des acheteurs. "Les Chinois peuvent réfléchir sur cinq ou six générations, contre seulement une ou deux en Europe. La Chine a également parfaitement compris le pouvoir de l'art".

Ensuite, les Chinois ne misent pas que sur les artistes de leur pays ou leur région du monde. Ils n'hésitent pas acheter de tout. Et enfin, près de la moitié des 500 premiers artistes mondiaux sont désormais chinois.

Mais la Chine pourrait bientôt perdre de sa superbe. Aujourd'hui, la France est en chute libre. Elle ne représente que 4% de part de marché contre 54% en 1995. Avec la loi de libéralisation des ventes aux enchères, elle pourrait à nouveau grignoter quelques places.

De plus, certains pays émergeants, comme l'Inde, pourraient tenter de se positionner sur ce marché. "Dans les années 90, le marché de l'art en Inde était quasi inexistant. Entre 2000 et 2008, l’indice des prix de l’art contemporain était multiplié par sept! ", explique Artprice dans un rapport consacré au marché de l'art contemporain.

Diane Lacaze