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M6 mise 23 millions d'euros sur Astérix

M6 espère que le film réalisera au moins 2 millions d'entrées

M6 espère que le film réalisera au moins 2 millions d'entrées - Universum Films

"Astérix: le domaine des Dieux" est un des films les plus chers jamais produits en France. La Six a apporté plus de la moitié du financement.

Ce mercredi 26 novembre sort dans 697 salles de cinéma Astérix: le domaine des Dieux. C'est le premier film d'animation en 3D ayant pour héros le célèbre Gaulois. Il est tiré de l'album du même nom sorti en 1971, et réédité pour l'occasion. L'adaptation est réalisée par Alexandre Astier (le créateur de la série Kaamelott) et Louis Clichy, un animateur passé par Pixar où il a notamment travaillé sur Là-haut, Ratatouille et Wall-E.

Surtout, c'est l'un des films les plus chers jamais produits en France, avec un budget de 37 millions d'euros.

Le risque pèse d'abord sur M6, qui a apporté au moins 23 millions d'euros, selon le budget prévisionnel déposé au CNC et publié par cinefinances.info. La chaîne de Nicolas de Tavernost intervient à de multiples niveaux: elle a bien sûr co-produit le film, mais a aussi acheté deux diffusions à la télévision, et distribue le film en salles via sa filiale SND.

"Si on ne fait pas 2 millions d'entrées en France, je serai déçu", a déclaré au Figaro le directeur général de SND Thierry Desmichelle.

Trusté par Hollywood

Le reste du budget est apporté par un co-producteur belge, Belvision (4,6 millions d'euros), Canal Plus (2,4 millions d'euros) et le CNC (Centre national du cinéma).

Si l'expérience est un succès, la Six entend poursuivre dans les films d'animation, un domaine coûteux aujourd'hui essentiellement trusté par Hollywood.

Un des rares producteurs français à y croire encore est Onyx (devenu On Entertainement), qui a produit Renaissance ou Prodigies, et prépare un Petit prince à 60 millions d'euros, qui sortira le 7 octobre 2015. M6 et W9 ont d'ores et déjà acquis les droits de diffusion à la télévision. De son côté, le studio EuropaCorp de Luc Besson a décidé d'arrêter les films d'animation après les coûteux Arthur et les minimoys.

Jamal Henni