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Luc Besson ouvrira son premier multiplex fin 2013

EuropaCorp, le studio de Luc Besson, cherche des revenus récurrents

EuropaCorp, le studio de Luc Besson, cherche des revenus récurrents - -

Ce complexe de 12 salles de cinéma sera situé près de Roissy. En revanche, le multiplex prévu à Marseille semble enlisé.

C'est en octobre 2013 que Luc Besson devrait inaugurer sa première salle de cinéma. Ce multiplex de 2500 places dans 12 salles se situera près de l'aéroport de Roissy, dans un centre commercial baptisé Aéroville. "Nous allons recevoir la coque début mars pour une ouverture fin 2013", a déclaré Christophe Lambert, directeur général d'EuropaCorp, le studio de Luc Besson. Le multiplex, exploité sous la marque EuropaCorp Live, sera "très très révolutionnaire", a promis le bras droit de Luc Besson, invité de BFM Business vendredi 30 novembre.

"Mais nous n'avons pas vocation à investir dans les murs" -c'est Unibail-Rodamco qui s'en charge. Cela permet à EuropaCorp de limiter son investissement entre 9 et 12 millions d'euros. A noter que le réalisateur a décidé de maintenir ce projet malgré la volonté d'UGC d'ouvrir un multiplex concurrent à six kilomètres de là.

Le premier multiplex annoncé par Luc Besson se situait à Marseille, devait proposer 3000 fauteuils dans 15 salles, et devait initialement ouvrir en 2011. Mais le projet s'est enlisé, annoncé en 2005, notamment à cause d'un recours d'UGC. Résultat: le bail signé en 2008 avec la SCI Euromarseille M (Prédica et Foncière des Régions) est devenu caduc. Et le multiplex ne figure pas dans l'ensemble dévoilé au printemps. Mais EuropaCorp assure que le multiplex n'est pas abandonné. "Tout se passe très bien. La première pierre du programme a été annoncée il y a quelques semaines", a même assuré Christophe Lambert. "Un tour de table d'investisseurs comprenant la SCI Euromarseille M, la Caisse des Dépôts et EuropaCorp est à l'étude", indique le studio dans son dernier rapport annuel.

Revenus récurrents

Cette diversification avait été accueillie de manière mitigée par les analystes financiers. Ainsi, Gilbert Dupont se disait "relativement réservé face à ce projet, qui reste trop éloigné du coeur de métier d’EuropaCorp", sans compter que "le marché des multiplexes est mature". Mais, pour Christophe Lambert, cette diversification est "une extension légitime", pour achever "un modèle d'intégration verticale".

Objectif: assurer des revenus récurrents à la société. "Notre stratégie a consisté à dé-risquer autant que faire se peut notre modèle économique jugé un petit peu trop volatile. Notre modèle économique nous insensibilise à l'activité de distribution de films en salles en France, de loin la plus aléatoire et la plus volatile. Ainsi, nous n'avons sorti que deux films en salles sur le semestre clos fin septembre" -il s'agit de Lock out et Robot & Frank.

Toujours pour assurer des revenus récurrents, le studio s'est aussi lancé dans la production de séries télévisées. La première a été No Limit, qui vient d'être diffusée sur TF1. "On a mis en production la deuxième saison", a annoncé Christophe Lambert. On verra aussi bientôt sur petit écran une adapatation de Taxi, "tourné en anglais à Brooklyn sud en coproduction avec TF1".

Pour financer cette diversification, EuropaCorp avait annoncé, il y a exactement un an, vouloir lever des fonds. "C'est toujours dans les tuyaux, a assuré Christophe Lambert. Mais cette opération n'est pas dictée par la nécessité. Nous n'avons aucun problème de fonds propres, aucune tension de trésorerie".

Enfin, Christophe Lambert a aussi dit vouloir porter la part des ventes à l'international à "60%-65% du chiffre d'affaires dans les deux années qui viennent".

Surtout, il s'est félicité du succès du second volet de Taken, qui a déjà engrangé 370 millions de dollars de recettes, soit "le plus gros succès à l'international pour un film français de l'histoire du cinéma. On est bien parti pour un Taken 3..."

Le titre de l'encadré ici

|||Association avec un Nul

EuropaCorp a annoncé le 20 novembre la prise d'une participation minoritaire dans la société de production de Dominique Farrugia, Farrugia Entertainment Worldwide (Few). En outre, Dominique Farrugia deviendra "conseiller spécial pour toutes les productions en langue française d’EuropaCorp". Enfin, sa société Few (qui compte 26 salariés) s'installera à la Cité du cinéma de Saint-Denis. Ce qui permettra de remplir des bureaux un peu vides. "Il faut le temps que la montée en charge se fasse", a assuré Christophe Lambert, assurant que, du côté des studios, "les neuf plateaux sont tous pleins". En 2011, Few a vu son bénéfice se réduire d'un tiers (à 0,3 million d'euros) sur un chiffre d'affaires qui a doublé (à 7,6 millions d'euros).

Jamal Henni