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"Libération" a besoin de plus d'argent

Le quotidien dirigé par Laurent Joffrin a été sauvé cet été par Patrick Drahi et Bruno Ledoux

Le quotidien dirigé par Laurent Joffrin a été sauvé cet été par Patrick Drahi et Bruno Ledoux - Libération

Patrick Drahi et Bruno Ledoux vont apporter 10 millions d'euros supplémentaires pour éponger des pertes plus importantes que prévu.

Libération a besoin de plus d'argent -précisément de 10 millions d'euros supplémentaires.

Explication: le journal perd plus d'argent qu'escompté, notamment car le plan de départs volontaires va coûter plus cher que prévu. En effet, 102 salariés sont candidats au départ, soit plus que les 93 sur lesquels tablait la direction.

Au total, le quotidien devrait perdre 20 millions d'euros en 2014, dont la moitié due au plan de départs, a expliqué mercredi 3 décembre à l'AFP le président du directoire François Moulias. Il a tout de suite précisé que les 10 millions d'euros nécessaires seront apportés à parité par Bruno Ledoux et Patrick Drahi, qui ont déjà sauvé le journal cet été.

Drahi pas actionnaire 

Rappelons qu'en début d'année, le roi du câble avait approché le promoteur immobilier (principal actionnaire de Libération) pour lui proposer un coup de main.

Suite à cela, le journal a été recapitalisé cet été de 18 millions d'euros, dont 14 millions d'euros apportés par Patrick Drahi.

Toutefois, le principal actionnaire de Numericable SFR a choisi de ne pas être actionnaire du quotidien. Il a apporté ses 14 millions d'euros sous forme d'obligations convertibles en actions.

Précisément, cette somme a été apportée à une société baptisée Holco B, dont le propriétaire est Marc Laufer, une de ses vieilles relations qui le représente auprès du journal.

En pratique, c'est BoN Finance SA, une holding luxembourgeoise de Patrick Drahi, qui a apporté les fonds à Holco B.

Interrogé, Marc Laufer a indiqué que le mécanisme d'obligations convertibles a été utilisé car "Patrick Drahi n'avait, à l'origine, pas forcément vocation à être directement actionnaire". De son côté, le porte-parole de Patrick Drahi n'a pas répondu. 

Et ensuite "l'Express"?

Selon Challenges, Patrick Drahi s'intéresserait à un rachat de l'Express, aujourd'hui détenu par l'éditeur belge Roularta. Accompagné de Marc Laufer, il aurait rencontré le patron de Roularta Rik de Nolf.

Mi-octobre, le Journal du Dimanche avait évoqué un rachat de l'hebdomadaire par Vivendi pour moins de 25 millions d'euros.

Une nouvelle fraîchement accueillie par le directeur de la rédaction Christophe Barbier: "les chiffres que l'on voit circuler de 20 à 25 millions d'euros sont totalement déraisonnables. Cela vaut beaucoup plus. L'Express aujourd'hui n'a pas tellement perdu de valeur par rapport à son prix de 200 millions d'euros de 2006 lors du rachat par Roularta", a-t-il déclaré dans Médias le magazine. Selon lui, le prix de vente du Nouvel observateur "a des conséquences de valorisation qui échappent au rationnel. Depuis que l'Obs a été vendu, cela a donné l'impression que la presse écrite ne valait plus grand chose. Or c'est faux"

Jamal Henni