BFM Business

Les ventes de livres plombées par le confinement malgré le succès des ebooks

Devenez membre du prix littéraire L'Express-BFMTV (Photo d'illustration)

Devenez membre du prix littéraire L'Express-BFMTV (Photo d'illustration) - Abhi Sharma - Wikimedia - CC

La fermeture des librairies et des magasins culturels a provoqué une chute de 11% des ventes en volume au premier trimestre et de 33% en revenus pour le seul mois de mars. Et le secteur ne s'attend pas à une reprise rapide.

"L'année 2020 s'annonce exécrable". Le ton est donné. Le syndicat de la librairie française (SLF) s'alarme des chiffres de ventes de livres en France qui ont dévissé à la suite du confinement et des fermetures des librairies et des magasins culturels.

A fin avril, d'après les données de l'Observatoire de la librairie (panel représentatif de 255 librairies), l'activité globale des librairies depuis le début du confinement a chuté de 93,5% en comparaison avec la même période en 2019.

Pour le seul mois de mars, les ventes de livres ont chuté de 33% en euros courants alors qu'elles avaient enregistré une hausse de 6% en février. Elles plongent de 11% en volume et de 10,5% en euros courants au premier trimestre 2020 par rapport à la même période de l'année précédente, selon le baromètre Xerfi I+C pour le magazine professionnel Livres Hebdo.

L'électronique reste anecdotique

Les librairies de premier niveau (librairies indépendantes et grandes surfaces culturelles) sont les plus lésées, avec une chute de 17,5% des revenus tirés du livre sur les trois premiers mois de l'année. Pour le seul mois de mars, ces librairies ont vu leur activité chuter de 54%.

Le bilan aurait-il pu être plus mauvais sans le succès des formats électroniques (ebooks et livres audio téléchargeables sur Internet)? Une chose est sûre, les usages ont explosé. La Fnac, citée par le journal Les Echos, évoque une croissance globale de 130% des achats de livres électroniques sur son site web. 

D'un autre côté, ce sont les livres électroniques gratuits qui attirent le plus. Globalement, lors des trois premiers jours de confinement en France, on a comptabilisé 3 millions de téléchargements de ces livres.

Au global, l'ebook demeure très marginal face au papier, contrairement à d'autres pays comme les Etats-Unis. En 2018, selon Gfk, on comptait 2,3 millions acheteurs de livres électroniques contre 28,9 millions pour les livres papier.

Faiblesse structurelle des librairies

Même croissance du côté du livre audio avec une augmentation des achats de 30% pendant la première semaine du confinement et de 50% lors de la troisième chez Audiolib, une filiale d'Hachette. Mais les volumes globaux restent également anecdotiques, tout au plus 2% de parts de marché pour ce format.

Pas de quoi se réjouir donc. Et l'avenir ne se prête pas à l'optimisme même avec la réouverture programmée des librairies et des magasins spécialisés le 11 mai. "A la levée du confinement, l'activité ne redémarrera sans doute que très progressivement et l'année 2020, pourtant bien partie, s'annonce exécrable, au-delà même de la période de fermeture imposée", souligne le syndicat de la librairie française (SLF).

Un plan spécifique pour le secteur culturel

"Pour une majorité de librairies, dont la faiblesse des trésoreries et des marges est bien connue, il va s'agir ni plus ni moins d'une question de vie ou de mort", ajoute-t-il.

Pour éviter la fermeture de "centaines" de librairies, le SLF souhaite la mise en place, sous forme de subventions, d'un fonds d'intervention (liant État, collectivités locales et partenaires privés) destiné à couvrir la perte d'exploitation des librairies.

Mercredi, Emmanuel Macron s'est penché au chevet du secteur culturel et a promis un plan spécifique d’aide pour les activités durablement touchées. 

Olivier Chicheportiche avec AFP