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Les monuments se font emballer pour financer leurs travaux

Le bâtiment de l'Automobile Club (à gauche) est mitoyen de l'hôtel Crillon, sur la place de la Concorde à Paris.

Le bâtiment de l'Automobile Club (à gauche) est mitoyen de l'hôtel Crillon, sur la place de la Concorde à Paris. - -

Le bâtiment de l'automobile Club de France, place de la Concorde à Paris, va être recouvert au printemps d'une bâche aux couleurs de Swatch, le temps de travaux. Pourtant, ce type de sponsoring qui se développe ne fait pas l'unanimité.

Difficile pour un annonceur de trouver situation plus privilégiée : Swatch va s'afficher en grand sur la place de la Concorde, à Paris, à compter du mois d'avril. Mais comment la célèbre marque d'horlogerie a-t-elle pu négocier la création d'un tel emplacement ?

En réalité, il ne sera pas nécessaire de construire un panneau publicitaire. Swatch va profiter des travaux de rénovation qui vont concerner, au printemps, les prestigieux bâtiments classés de l'Automobile Club de France (ACF). La façade sera recouverte d'une bâche aux couleurs de l'horloger suisse. Et les sommes récoltées pour la location de cet emplacement financeront en partie les travaux.

Un échange de bons procédés qui connaît un bel essor en ces temps de restriction budgétaire. Le Palais de Justice, situé sur les berges de Paris, a vu une partie de sa façade recouverte d'une bâche blanche où s'étalaient des iPhone géants. Auparavant, c'était un flacon de parfum Dior, aux dimensions tout aussi inratables, qui s'affichait aux yeux des passants.

Il y a quelques années, le musée du Louvre, Orsay et l'Opéra de Paris s'étaient, eux aussi, laissés tenter par les subsides apportés par ces emballages publicitaires.

Le Panthéon et l'Arc de Triomphe épargnés

Les plus beaux monuments de Paris sont-ils en train de se transformer en bannières publicitaires géantes ? Rien n'est moins certain. Le centre des Monuments Nationaux (CMN) semble en effet vouloir briser cette spirale. Philippe Belaval, son président, a refusé de voir le Panthéon se transformer en placard publicitaire. Son dôme, qui doit entrer en rénovation à compter d'avril, sera bel et bien recouvert d'une bâche, mais celle-ci sera décorée par un artiste contemporain.

"J'ai refusé l'idée d'une bâche publicitaire malgré les recettes importantes que cela aurait pu apporter, a-t-il déclaré récemment à l'AFP. Les candidats étaient en effet nombreux: des marques de sport et de vêtements étaient prêtes à débourser entre 500.000 et 1 million d'euros pour s'emparer du dôme.

"Le besoin de ressources propres ne justifie pas que l'on fasse n'importe quoi", a expliqué Philippe Belaval. La même démarche devrait concernéer l'Arc de Triomphe, également amené à subir quelques travaux prochainement.

C'est en faisant appel au traditionnel mécénat que le Centre des Monuments nationaux compte boucler son budget de restauration du Panthéon. Mais pas uniquement de la part d'entreprises, puisque l'année dernière, près de 69.000 euros avaient été réunis sur le site participatif MyMajorCompany grâce aux internautes.

C.C.