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Les médias plaident pour un crédit d'impôt en faveur des annonceurs pour surmonter la crise

Les répercussions financières liées à la pandémie se sont rapidement faites ressentir tant du côté des annonceurs que dans les médias.

Les répercussions financières liées à la pandémie se sont rapidement faites ressentir tant du côté des annonceurs que dans les médias. - Pixabay

La rapporteure de la loi sur l'audiovisuel, Aurore Bergé, a demandé la création d'un crédit d'impôt "transitoire" incitant fiscalement les annonceurs à maintenir leurs investissements à la télévision, à la radio, ou dans la presse.

Les organisations professionnelles et les représentants des médias sont en alerte. La période de confinement en France ne faisait que commencer, que les chaînes de télévision redoutaient déjà une véritable chute de leurs recettes publicitaires. La réalité est encore plus cruelle que ce qu'ils avaient anticipé.

Alors que le marché publicitaire avait affiché une légère hausse en 2019, comme le souligne le Baromètre unifié du marché publicitaire (BUMP), 2020 sera une année de forte récession. A cause du coronavirus, plus d'un secteur d'activité sur deux aurait déjà renoncé à faire de la publicité à la télévision le mois dernier, relèvent Les Echos. Rien que sur la période allant du 1er au 22 mars, la durée publicitaire sur les chaînes nationales aurait reculé de 10%, pointe l'institut Kantar. Et selon certains observateurs, les médias sont confrontés à une baisse de leurs recettes publicitaires allant de 70% à 90%, au mois d'avril 2020.

Cette chute drastique de recettes ne se répercute pas uniquement sur les médias eux-mêmes, mais également sur la création audiovisuelle et cinématographique.

Poursuivre les investissements malgré la crise

D'où le cri d'alarme des médias. Un cri que la rapporteure de la loi sur l'audiovisuel, Aurore Bergé, a entendu. A la demande de plusieurs groupes et organisations professionnelles du secteur, elle a décidé de plaider pour l'instauration d'un crédit d'impôt "transitoire".

Une réduction de l'assiette fiscale qui pourrait inciter les annonceurs à poursuivre leurs investissements tant à la télévision, qu'à la radio et dans la presse écrite. Selon Aurore Berger, cette mesure pourrait profiter à l'ensemble de l'économie et permettrait ainsi d'accompagner la reprise. S'il se montre à l'écoute, l'exécutif n'a, pour l'heure, apporté aucune réponse à cette requête. Cette demande ne constitue en effet pas une priorité à ses yeux dans la mesure où il s'agit davantage d'une mesure de relance que d'une véritable urgence. De son coté, Bercy explique qu'il n'y a pas non plus lieu de déployer des dispositifs spécifiques à chaque secteur. Cette requête figurera-t-elle dans le projet de loi de finances rectificatif à venir? Pour l'heure, les observateurs restent sceptiques.

Julie Cohen-Heurton