BFM Business

Les chaînes de télévision réclament plus de publicité

Les assises de l'audiovisuel mercredi 5 juin à Paris

Les assises de l'audiovisuel mercredi 5 juin à Paris - -

Touchées par la crise, les chaînes demandent des assouplissements au gouvernement. Problème: elles ne sont pas du tout d’accord entre elles…

A première vue, les assises de l’audiovisuel qui se tenaient mercredi 5 juin ont vu les patrons de chaînes de télévision s’accorder sur un point: ils veulent plus de publicité. Sauf qu’ils ne sont pas du tout d’accord entre eux.

Le PDG de France Télévisions Rémy Pflimlin souhaite "ouvrir quelques spots en 20h et 21h, après le journal sur France 2 et Plus belle la vie sur France 3. Cela nous permettra d’accéder à quelques écrans puissants. Je ne demande pas grande chose : cela représente 1% à 2% du marché publicitaire. Cela ne va pas bousculer les choses, en tous cas moins que la chute actuelle du marché".

Vent debout

En face, le président du directoire de M6 Nicolas de Tavernost ne veut pas en entendre parler, et réclame au contraire la suppression totale de la publicité sur France Télévisions: "si on veut 25 chaînes, et l’exception culturelle, il y a un prix à payer, qui est exclusivité de la publicité pour les chaines privées, comme cela existe pour la radio".

De son côté, le sénateur socialiste David Assouline "ne pense pas que la solution puisse venir uniquement du rétablissement de la publicité en soirée sur France Télévisions. Il ne faut pas affaiblir plus le secteur privé, ne pas le déstabiliser –et pourtant, je ne suis pas connu pour être quelqu’un qui leur fait des cadeaux".

Même son de cloche chez la ministre de la culture Aurélie Filippetti: "la publicité en soirée, ce n’est ni la panacée, ni la question clé".

Secteurs interdits

De leur côté, les chaînes privées demandent à pouvoir diffuser des spots pour des secteurs aujourd’hui interdits, comme le cinéma. Une demande qu’a soutenue David Assouline, mais à laquelle s’est opposée le directeur général de la société d’auteurs SACD Pascal Rogard.

Refusant de trancher, Aurélie Filippetti a juste annoncé qu’une consultation allait être menée par le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). "Mais on ne peut pas déstabiliser d’autres secteurs fragiles, comme la presse", a-t-elle prévenu.

Cosette du PAF

Plusieurs intervenants ont évoqué de manière inquiétante la mort possible de chaînes TNT gratuites. Pour le président de Canal Plus Bertand Meheut, "il y aura beaucoup moins de chaines gratuites dans un avenir proche. Réduire l’accès à la publicité est une erreur qui va conduire à la disparition ou la faiblesse des groupes présents".

Même son de cloche chez Nicolas de Tavernost: "si la publicité n’avait pas été supprimée sur France Télévisions, nous ne serions pas là pour vous parler, le secteur serait en guenille".

Mais cette perspective qui n’a guère ému Pascal Rogard: "les chaines peuvent mourir, ce n’est pas grave. La Cinq est morte, et personne ne s’en est vraiment plaint. Il faut une reconcentration du paysage audiovisuel". Au passage, il a accusé Nicolas de Tavernost de "jouer les Cosette du PAF" (paysage audiovisuel français).

De son côté, le sénateur Assouline a admis: "il faut peut être des regroupements, mais pas des absorptions qui tuent la diversité".

Le soldat Canal Plus

Last but not least, le sénateur Assouline a aussi estimé qu’il fallait venir en aide au soldat Canal Plus: "il faudrait regarder avec bienveillance la baisse de la TVA applicable" de 7% à 5%. En effet, "l’arrivée d’un nouvel acteur a déstabilisé Canal Plus, qui est en situation de monopole mais cela est bénéfique".

A LIRE AUSSI :

>> Le gouvernement lance une mission sur les rapports entre producteurs et chaînes

>> Compromis en vue dans la bataille des fréquences

>> France Télévisions tente de susciter la compassion

Jamal Henni