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Le Tour de France, un business rentable...sauf pour les coureurs

Le Tour de France ne connaît pas la crise, et ravit l'ensemble des acteurs économiques qui y participent.

Le Tour de France ne connaît pas la crise, et ravit l'ensemble des acteurs économiques qui y participent. - -

Si la Grande boucle, qui débute ce samedi 5 juillet, ravit l'ensemble des acteurs économiques qui y participent, les principaux concernés ne sont récompensés que faiblement par rapport aux sommes en jeu.

Pour un évènement sportif, pas facile d’exister en période de Coupe du monde. Mais comme à son habitude, le Tour de France ne devrait pas connaître la crise, grâce à une popularité qui semble inébranlable.

Ainsi, les spectateurs seront encore plusieurs dizaines de milliers à se masser sur les routes du Tour, pour le plus grand bonheur des villes-étapes qui n’hésitent pas à dépenser de 60.000 (pour le départ) à 100.000 euros (pour l’arrivée). Il faut dire que le jeu en vaut la chandelle: en 2013, pour un investissement de 180.000 euros (ville arrivée et départ, plus quelques aménagements), la ville de Gap tablait sur des retombées économiques de 2,5 millions d’euros.

Le jackpot pour ASO

Pour les accrocs ne pouvant pas se déplacer, de nombreuses chaînes de télévision -100 cette année- relaieront évidemment l’évènement. Diffusé dans 190 pays, il touchera environ 3,5 milliards de téléspectateurs selon l’organisateur de la course, Amaury Sport organisation.

Pour la seule couverture française, France Télévisions débourse ainsi 24 millions d’euros chaque année. Une somme qui ne permet pas à l’évènement d’être rentable à court terme, mais qui a le mérite de doper l’audience. 

Les droits TV constituent d'ailleurs la plus grosse source de revenus pour ASO, et représenteraient 60% des recettes globales du Tour, estimées à un peu moins de 150 millions d’euros. Suivent les contrats de sponsoring, avec pas moins de 44 partenariats signés pour cette édition. Un business juteux pour ASO, d’autant que la filiale du groupe Amaury bénéficie d’une couverture médiatique à peu de frais, étant propriétaire de L’équipe et du Parisien.

2 millions d'euros distribués aux coureurs

Pour les sponsors aussi, l’affaire s’avère rentable. Le Tour de France assure à lui seul le retour sur investissement d’une saison complète, comme l’expliquait à BFMBusiness.com un membre de la FDJ. Pour d’autres, c’est carrément le jackpot. "Pour un budget de 8,3 millions d'euros, nous avons obtenu 63 millions d'euros en équivalent publicitaire en 2011", déclarait ainsi au Monde Yvon Breton, directeur général du groupe AG2R-La Mondiale.

La Grande boucle, un modèle économique où tout le monde gagne…ou presque. Car les sportifs de haut niveau que sont les coureurs du Tour auront beau multiplier les exploits, leur rémunération ne les suivra pas dans les sommets.

Au total, ASO distribuera un peu plus de 2 millions d’euros aux 198 coureurs qui s’élanceront du Royaume Uni, samedi 5 juillet. Un million sera destiné aux diverses primes (classement d'étapes, maillot vert et à pois, etc.), et un autre million récompensera le classement final.

Et si le vainqueur empochera la coquette somme de 450.000 euros, les primes diminuent ensuite très rapidement: 200.000 euros pour le deuxième, 100.000 pour le troisième. Le dernier coureur du fameux "top 10", par exemple, n’empochera que 3.800 euros. Et de la 90ème à la 160ème place, la récompense est de…400 euros.

Yann Duvert