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Le recul du gouvernement à Hong Kong profite au secteur du luxe

Alors que les autorités locales ont décidé d'abandonner leur projet de loi à l'origine des manifestations dans la ville, la consommation à Hong Kong repart. Ce qui profite au secteur du luxe.

Si la contestation se poursuit à Hong Kong, l’abandon du projet de loi relatif aux extraditions vers la Chine a apaisé les tensions entre la population et le gouvernement, qui pèsent sur l’activité économique locale depuis trois mois. Et la consommation redémarre. En particulier dans le secteur du luxe, où les achats des produits décollent de nouveau.

Le directeur général d’Assetfi, Quentin Perromat, observe ce rebond dans les cours de Bourse des géants du luxe: "toutes les valeurs du luxe reprennent des couleurs à l’annonce du retrait de cette loi". Sur une semaine (ce vendredi vers 14h40), l'action Hermès reprend 5,25%, celle de Kering 3,3% et le titre LVMH grignote 0,58%.

Très friands des produits hauts de gamme et des marques européennes (comme Versace, Vuitton ou encore Chanel), "les Chinois dépensent plus de 64 milliards d’euros de produit de luxe par an, c'est un tiers du marché mondial", estime Quentin Perromat. 

"10% du marché mondial à Hong Kong"

A elle seule, "Hong Kong représente 10% du marché mondial du luxe", rappelle Quentin Perromat. Un poids considérable, qui fait de la ville une place stratégique pour tous les acteurs du marché. Les touristes chinois du continent viennent de toutes parts pour y trouver certains produits. Mais dans un contexte tendu, les enseignes de luxe avaient dû montrer patte blanche. Elles étaient coincées entre la crise à Hong Kong et la fermeté des autorités chinoises, en plus d'avoir été contraintes de retirer de la vente certains tee-shirts jugés trop pro-manifestants. 

Schéma similaire pour l’enseigne Zara qui avait été menacée de boycott en Chine continentale. La société espagnole a dû montrer en urgence son soutien à la souveraineté de la Chine sur Hong Kong, alors que l'empire du Milieu est le deuxième marché le plus lucratif pour l'enseigne derrière l’Espagne. 

Gaëlle Ohan-Tchelebian