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Le fondateur d'Amazon acquiert le Washington Post

Le Washington Post restera à Washington, promet Jeff Bezos.

Le Washington Post restera à Washington, promet Jeff Bezos. - -

Jeff Bezos, le fondateur du géant américain de la vente en ligne, a annoncé, le 5 août, le rachat du célèbre quotidien américain. Il assure que rien ne changera quant à la ligne éditoriale.

La consolidation se poursuit dans le secteur de la presse aux Etats-Unis. La troisième annonce du genre en trois jours, lundi 5 août, c'est le rachat par Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, du mythique Washington Post, pour 250 millions de dollars.

Le journal était en difficulté depuis des années. La famille, propriétaire du journal depuis 80 ans, a choisi ce repreneur pour ses qualités personnelles et d’investisseur de long terme. Jeff Bezos réalise, en effet, cette acquisition à titre personnel, et non comme PDG d’Amazon. Ce n'est pas la 1ère fois qu'il investit dans la presse. Mais là, il s'attaque à un pilier : le journal qui a fait démissionner Nixon en 1974.

Un modèle numérique à trouver

Le Washington Post, c’est pour toujours le journal du Watergate. A ce titre, c'est l’un des quotidiens qui incarne le mieux le quatrième pouvoir. Jeff Bezos, lui, est l'un des hommes les plus riches du monde, 16ème dans le classement des milliardaires de Bloomberg. Il a déjà utilisé sa fortune pour soutenir des causes politiques : récemment, le mariage pour tous.

Le milliardaire veut donc tuer toute critique dans l'œuf: "la ligne éditoriale ne changera pas", "je ne déménagerai pas à Washington", "j’ai un travail que j'adore".

Si rien ne change du côté valeurs, côté business, forcément, il va y avoir du nouveau. Le journal doit trouver sa place dans l'ère numérique. Mais cela aurait été le cas "avec ou sans moi" dit le fondateur d'Amazon.

On ne sait pas encore précisément ce qu'il va en faire. Mais Jeff Bezos devra sûrement composer avec un autre investisseur de long terme, Warren Buffett, actionnaire principal du Washington Post à travers sa holding Berkshire Hathaway.

Aurélie Boris et correspondante à New York