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Le financement du sport dans le viseur de la Cour des comptes

Dans un rapport, la Cour des comptes pointe du doigt la gestion du Centre national de développement du sport.

Dans un rapport, la Cour des comptes pointe du doigt la gestion du Centre national de développement du sport. - -

Dans un rapport publié ce jeudi 17 janvier, la Cour des comptes pointe du doigt la mauvaise gestion des fonds publics alloués au sport. Avec, en première ligne, le Centre national du développement du sport.

L’argent ne manque pas, mais il est mal utilisé. C’est ce qui ressort d’un rapport de la Cour des comptes, rendu public jeudi 17 janvier, sur le financement du sport par l’Etat.

En première ligne, le Centre National de développement du sport (CNDS). L’établissement, créé en 2006, verse des subventions théoriquement dédiées à la pratique de masse. Mais le rapport de la Cour estime que ce n’est pas vraiment le cas, confortant au passage l'avis de Valérie Fourneyron. La ministre des Sports estime, en effet, que le CNDS est "parti complètement ailleurs" en matière de financement.

En outre, les magistrats de la rue Cambon pointent la "critiquable participation du centre à la construction/rénovation des stades de l'Euro de football 2016" à hauteur de quelque 160 millions d'euros. La subvention des grands stades est en effet surprenante, dans la mesure où ils accueilleront, après la compétition, des clubs professionnels économiquement autonomes.

Un possible conflit d'intérêt avec le comité olympique français

Autre problème : le "centre accorde aujourd'hui une subvention de fonctionnement au Comité national olympique et sportif (CNOSF) dans des conditions qui évoquent un conflit d'intérêt" puisque ce dernier participe à la gouvernance du CNDS.

Ce dernier est doté de 270 millions d’euros. Mais ses sources de financement restent précaires: la taxe sur certains jeux de la Française des Jeux (2,1%), la taxe Buffet (sur les droits TV), et la taxe sur les mises des paris en ligne (1,5% des sommes jouées sur internet).

"C'est un instrument de correction des inégalités sur les territoires", a plaidé Valérie Fourneyron, engagée par ailleurs depuis novembre dernier dans un difficile rééquilibrage des comptes de l'institution, endettée à hauteur de 464 millions d'euros.

Ce qui n'a pas empêché le rappel à l'ordre de la la Cour des comptes : "il conviendrait en conséquence que le CNDS modifie sensiblement son mode d'intervention. Son action devrait porter sur des projets de taille significative et répondant uniquement à l'objectif d'un accroissement de la pratique sportive des publics qui en sont le plus éloignés."

Yann Duvert