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La Seine-Saint-Denis, grande gagnante des JO 2024?

La Seine-Saint-Denis accueillera six sites de compétition pour les JO 2024

La Seine-Saint-Denis accueillera six sites de compétition pour les JO 2024 - JACQUES DEMARTHON - AFP

Créations d'emplois, constructions de nouveaux logements... En obtenant mercredi l'organisation des JO 2024, Paris offre à la Seine-Saint-Denis l'occasion de transformer le rendez-vous sportif en "accélérateur" de son renouvellement urbain.

Après un siècle d'attente, Paris a officiellement été désignée ce mercredi ville hôte des Jeux Olympiques 2024, lors de la 131e session du Comité international olympique (CIO) à Lima. Un événement historique qui pourrait rapporter gros à la capitale (jusqu'à 10,7 milliards d'euros de retombées économiques selon une étude d'impact rendue publique), et dont la Seine-Saint-Denis, futur coeur de ces JO, espère bien tirer profit.

Le département accueillera six sites de compétition (athlétisme, natation, water-polo, tir, badminton, volley), les cérémonies d'ouverture et de clôture au Stade de France et verra la construction d'équipements majeurs comme le village olympique, le village des médias et la piscine olympique. Mais que vont-ils devenir une fois la compétition terminée?

"La Seine-Saint-Denis s'est engagée dans cette candidature pour profiter de cette formidable opportunité qui est d'accueillir la planète entière, et nous souhaitons que cela bénéficie au maximum aux habitants et aux entreprises", affirme un porte-parole du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. "Nous voulons évidemment que les infrastructures durent", précise-t-il.

Carte des sites prévus pour les JO 2024
Carte des sites prévus pour les JO 2024 © www.paris2024.org

Des villages convertis en logements

Conçu comme un projet de renouvellement urbain, le village olympique aura une capacité d’accueil de 17.000 résidents dans des bâtiments neufs. Les 3500 appartements de ce nouveau quartier situé sur les communes de Saint-Denis, de l’Ile Saint-Denis et de Saint-Ouen seront reconvertis en logements après les Jeux. Le village des médias logera quant à lui 4000 journalistes dans 1500 logements de taille moyenne, qui deviendront après les JO des logements pour les familles, les étudiants et les personnes âgées.

Par ailleurs, le centre aquatique sera construit près du village olympique et sera relié au Stade de France par une passerelle. Après les JO, il deviendra une simple piscine pour les habitants et les écoliers. "Nous manquons de piscines dans le nord de Paris", explique Patrick Braouezec, le président de Plaine commune qui rassemble neuf villes du nord de Paris autour de Saint-Denis, dans Le Point. "Afin d'assurer la mixité, 40% d'entre eux seront des logements sociaux et un plafond devrait être fixé à la revente", a-t-il ajouté.

Le village des athlètes, un lieu convivial pour échanger et partager.
Le village des athlètes, un lieu convivial pour échanger et partager. © Ville de Paris

Des milliers d'emplois créés?

Si l'organisation des JO 2024 à Paris pourrait générer près de 250.000 emplois pérennes dans la capitale, selon cette même étude réalisée par le centre d'économie et de droit du sport de Limoges (CDES), il est difficile d'en évaluer précisément l'impact pour la Seine-Saint-Denis.

"Les clauses d'insertion prévoient de créer au moins 1100 emplois au niveau local", assure dans Le Parisien Laurent Russier, maire PCF de Saint-Denis, selon lequel les retombées économiques attendues pour les entreprises du territoire de Plaine Commune s'élèvent "à 160 millions d'euros". 

D'après la ville de Paris, "les Jeux apporteront de nouveaux investissements, des emplois et des logements à ce territoire, le plus jeune et le plus cosmopolite de France", mais aussi celui qui présente le taux de chômage le plus élevé d'Ile-de-France. À la fin du mois de septembre 2016, il s'élevait ainsi à 12,8% contre 8,6% en Ile-de-France et 9,7% pour la France entière, selon des chiffres de l'Insee repris par la CCI d'Ile-de-France.

"Nous allons entrer dès ce soir dans une phase de négociation et la Seine-Saint-Denis se fera bien sûr entendre pour que les JO bénéficient au maximum au territoire, notamment en termes d'emplois, mais qu'il soit également un accélérateur pour le réseau de transports", déclare-t-on au Conseil général de la Seine-Saint-Denis.

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- © Insee/CCI Ile-de-France

"Il y aura des effets positifs de plusieurs natures"

En tout cas, la Seine-Saint-Denis "ne doit pas avoir d'attentes trop fortes en termes d'impact monétaire". C'est ce qu'affirme Christophe Lepetit, responsable des études économiques et des partenariats au CDES. En revanche, "il y aura des effets positifs de plusieurs natures, notamment en termes d'emplois avec des marchés de sous-traitance qui vont revenir à des prestataires locaux, mais également des opportunités dans le secteur de la construction", souligne l'économiste.

Au-delà de ces éléments, il faut que le département "se positionne autour de la question de l'héritage", précise-t-il, faisant référence aux JO de 1992 à Barcelone ou à ceux de Londres en 2012, où de nombreux quartiers ont été rénovés. Autre vrai sujet, selon lui, en Ile-de-France: la crise du logement. "La compétition peut répondre en partie à cette problématique", estime-t-il. Enfin, cet événement constitue pour la Seine-Saint-Denis "une belle opportunité pour attirer de nouveaux résidents et faire en sorte que le département devienne un lieu où il fait bon vivre", conclut Christophe Lepetit.

Julien Mouret